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37 S HISTOIRE PHILOSOPHIQUE

doigt dans le sang & le goûte. Des festins, des danses, des plaisirsde tous les genres , terminent enfin ces singuliers mystères.

Parvenu à sage viril, fans avoir reçu aucune éducation , Phabi-bitant de Madagascar se marie. L’homme du peuple , l’efclavemême , prend autant de femmes qu’il veut, ou qu'il en peut trouver.Les gens au dessus du commun n’ont qu’une épouse légitime ; maisils fe dédommagent avec des concubines des ennuis de 1 uniformité.Les uns & les autres rompent , quand bon leur semble, un nœudqu’ils trouvent mal assorti ; & les deux sexes ont alors un droit égalde former de nouveaux liens, ou de rester libres.

C’est par une vie oisive & corrompue que Phabitant de Mada-gascar , arrive à la fin de fa carrière. Elle est rarement très-longue.Un climat mal-fain , de mauvais alimens, une débauche conti-nuelle , le défaut de secours, d’autres causes encore , la précipitentordinairement. Un homme est-il mort, des cris de douleur , expri-més par des chants continuels & monotones, en avertissent tout levoisinage. Les parens ^assemblent. Ils fe livrent aux profusions desfestins , tandis que le plus affectionné des esclaves est occupé àdemander à celui qui a cessé d’être , quelles raisons Pont déter-miné à fe séparer de ce qu’il avoit de plus cher. Au bout de huitjours le cadavre est enterré avec fes bijoux les plus précieux.Cependant il n’est pas oublié. Le respect pour les ancêtres est in-croyable dans ces régions barbares. II est ordinaire de voir des hom-mes de tous les âges aller pleurer fur le tombeau de leurs peres , &leur demander des conseils dans les actions les plus intéressantes deleur vie.

Le riz , qui malgré la plus mauvaise des cultures , fe multiplie aucentuple , est la nourriture ordinaire des habitans de Madagascar. (*}

(*) Inexpérience a prouvé que le bled comme le riz pouvoir croître à Madagascar. LesFrançois le cultivèrent autrefois à la pointe méridionale de rifle, où ils avoient bâti lefort Dauphin. On y trouve encore aujourd’hui de beaux épis de froment qui retombantdans la terre quand il est mûr, se reproduit annuellement de lui-même , & croît con-fusément avec les herbes naturelles du pays.

Peut-être n’y a t-il pas de centrée au monde où les subsistances soient à meilleur