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DES DEUX INDES. 451

Bantam , de Rajapour, de Tiiseri, de Mazulipatnam, de Bender-Abaíïì, de Siam. On ne peut douter que les comptoirs ne fussenttrop multipliés , qu’il n’y en eût même plusieurs de mal placés ;mais ce ne furent pas ces raisons qui les firent proscrire. II n’yeut que l’impuissance absolue de les soutenir, qui les fit déserter.

Bientôt après il fallut faire un pas de plus. En 1682, on permitégalement aux régnicoles & aux étrangers , de faire , pendantcinq ans , le commerce des Indes fur les vaisseaux de la com-pagnie , en lui payant le fret dont on conviendroit ; & à condi-tion que les marchandises en retour , feroient déposées dans sesmagasins, vendues avec les siennes , & lui paieroient un droit decinq pour cent. L’empressement du public à profiter de ces faci-lités , fit tout espérer aux directeurs de la multiplication des petitsprofits qu’on feroit continuellement fans courir de risque. Maisles actionnaires, moins touchés des avantages médiocres qu’ilsretiroient de cet arrangement, que blessés des bénéfices considé-rables que faisoient les négocians libres, obtinrent, au bout dedeux ans , qu'il leur feroit permis de redonner à leur privilègetoute son étendue.

Pour soutenir ce monopole avec quelque bienséance, il falloitdes fonds. En 1684, la compagnie fit ordonner par le gouverne-ment , à tous les associés , de donner , comme par supplément,le quart de la valeur de leur intérêt, sous peine aux actionnairesqui ne fourniroient pas l’appel, de voir passer leurs droits entiers■a ceux qui paieroient à leur place , après leur avoir rembourséle quart de leur capital. Soit humeur , soit raison , soit impuis-sance , un grand nombre de personnes ne nourrirent pas leursactions , qui perdoient alors les trois quarts de leur prix origi-naire ; & à la honte de la nation, il se trouva des hommes assezbarbares ou assez injustes, pour s’enrichir de ces dépouilles.

Un expédient si déshonorant, mit en état d’expédier quelquesvaisseaux pour l’Asie ; mais de nouveaux besoins se firent bientôtsentir. Cette situation cruelle, & qui empiroit sans cesse, fit ima-giner de redemander aux actionnaires en 1697, les répartitions dedix & de vingt pour cent, qui avoient été faites en 1687 & eu

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