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d’assaires, qui défapprouvoient avec éclat, toutes les opérationscontraires à leurs intérêts.
Malgré cette foiblesse, le colon, qui n’avoit résisté qu’avecpeine aux sollicitations d’un fol excellent, y porta tous ses foinsdès qu’on le lui permit. Sa prospérité étonna toutes les nations.
Si le gouvernement , à l’arrivée des François dans le Nouveau-Monde, avoit eu, par prévoyance , les lumières qu’il acquit parFexpérience un siècle après , l’état auroit joui de bonne-heured’une culture & d’une richesse qui valoient mieux pour fa pros-périté que des conquêtes. On ne l’auroit pas vu également écrasépar ses victoires & par ses défaites. Les sages administrateurs quiremédioient aux maux de la guerre par une heureuse révolutiondans le commerce , n’auroient pas eu la douleur de voir qu’onavoit évacué Sáinte-Croix en 165)6 , & sacrifié Saint-(Christopheà la paix d’Utrecht. Leur affliction auroit été bien plus profonde,s’ils avoient prévu qu en 1763 on seroit réduit à abandonner laGrenade aux Anglois. Etrange maladie de l’ambition des peuplesou plutôt des rois ! Après avoir sacrifié des milliers d’hommes ,pour acquérir & pour conserver une possession éloignée, il fauten immoler encore davantage pour la perdre ! Cependant il resteà la France des colonies importantes. Elles méritent qu’on pèseleur valeur. Commençons par la Guyane qui est au Vent detoutes les autres.
Les peuples qui erroient dans ce grand espace, avant l’arrivée VI
des Européens , étoient divisés en plusieurs nations , toutes peu Notions sor la
nombreuses. Elles n’avoient pas d’autres mœurs que celles des Guyane ‘ Motifr , . 1 qn’avoient les
sauvages du continent méridional. Les Caraïbes seuls, que leur Européens
nombre & leur courage rendoient les plus inquiets, se distinguoient pour Ia fr ®'
par un usage remarquable dans le choix de leurs chefs. II falloit J"rcourir & **
avoir pour conduire un tel peuple , plus de vigueur, d’intrépi-
dité , de lumières que personne , & montrer ces qualités par des
épreuves sensibles & publiques.
L’homme qui se destino.it à marcher le premier devant deshommes, devoit connoître d’avance tous les lieux propres à lachasse, à la pêche, toutes les fontaines & toutes les routes. Il