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Quelspourra -1
358 HISTOIRE PHILOSOPHIQUE
ce qu’ils voient si heureusement exécuté sur leurs frontières ?Pourquoi la cour de Versailles se refuseroit - elle à encouragerpar des avances & des gratifications des défrichemens vraimentutiles f Des défrichemens ! Voilà des conquêtes fur le cahos àl’avantage de tous les hommes, & non pas des provinces qu’ondépeuple & qu’on dévaste pour s’en emparer ; qui coûtent lesang de deux nations pour n’en enrichir aucune ; qu’il faut garderà grands frais & couvrir de troupes pendant des siècles, avantde s’en promettre la paisible postestion.
Tout invite le ministère de France au parti qu’on ose lui pro-poser. Dans la Guyane, les feux fouterreins, si communs dansle reste de F Amérique, font actuellement éteints. On n’y éprouvejamais de tremblement de terre. Les ouragans n’exercent pasleurs ravages fur ses côtes. Son accès est rempli de tant de diffi-cultés , qu’on peut prédire qu’elle ne fera pas conquise. Les islesFrançoises, au contraire, déja prises une fois, attirent lesregards, & sollicitent la cupidité d’une nation vivement aigriede leur restitution. Son chagrin fait présumer qu’eîle sera toujoursdisposée à réparer, par la force des armes, le vice de ses négo-ciations. La confiance bien fondée qu’elle a dans fa marine, netardera pas peut-être à la précipiter dans une nouvelle guerre,pour reprendre ce qu’elle a rendu, pour étendre plus loin sesusurpations. Si la fortune secondoit encore ses efforts ; si unpeuple encouragé par des victoires, dont les citoyens recueillentseuls tout l’avantage, l’emportoit toujours fur une nation quine combat que pour ses rois : ce seroit du moins une granderessource que la Guyane, où l’on cultiveroit toutes les produc-tions dont l’habitude a donné le besoin, & pour lesquelles ilfaudroit payer un énorme tribut à l’étranger, si les coloniesnationales ne pouvoient les fournir.
Le dessèchement des côtes de la Guyane exigeroit des travauxlongs & difficiles. Où prendre les bras nécessaires pour l’exécutionde cette entreprise ?
On crut en 1763 que les Européens y seroient très-propres.bras Douze mille furent la victime de cette opinion. La mort n épargna.