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les honorer; car ils feroient dans l’erreur, s’ils croyoîentatteindre le but, en imitant la protection St même lamunificence trop vantées de quelques Princes : les Roisattendent que les talens, St le génie lui-même, def-cendent au pied de leur trône : trop heureux quand iln’a pas fallu qu’ils s’y courbaffent en efclaves, Ôc Iorf-qu’ils ne fe font profternés que devant le maître. UnGouvernement républicain , au lieu d’attendre St derecevoir de pareils hommages du génie St des grandstalens , doit les prévenir 8t leur offrir les liens.
Mais quand les inftirutions dont je parle , ne fe-roient pas établies ; quand bien même les premiersMagiftrats ignoreroient cette partie délicate de leursdevoirs envers les Sciences St les Arts, s’ils l’omettoient,ou fi des embarras politiques les empêchoient de laremplir, il n’en feroit pas moins vrai que les Sciences& les Arts fleuriroient par la feule influence du Gou-vernement républicain, St que ceux qui les exerceroientfous cette influence , ne porteroient point l’empreintede fervitude que Ton retrouve toujours fur les fujetsd’un Prince. Il faut l’avouer avec douleur, ces ftig-rnates fe lifent encore fur le front de plulieurs Françaisdiftingués par leurs lumières 8t par des talens. Ce n’efl:pas tant à eux fans doute qu’au régime de la iVlonarchtoqu’il faut s’en prendre ; mais c’eft un malheur pour laRépublique de n’acquérir des inteliigences perfeéHon-nées, que lorfque la dignité du caractère efl flétrie.
Les bons efprits ne permettent plus de philofopherqu’avec des faits ; nos le&eurs ne fe contenteront pointde ces motifs d’indépendance St d’élévation que j’ai ditdevoir relever les Sciences, les Arts, St ceux qui lescultivent, fous le Gouvernement républicain. Il fautdonc citer : mais pour ne point remonter jufqu’auxRépubliques anciennes, St ne pas entrer dans la difcufifion de çaufes qui font fi loin de nous, je ne citeraipour exemple que 1^ petite République de Genève