Charles Bonnet ; il eft l’auteur du tombeau de ce grand N**‘turalifte , ** de beaucoup d’autres ouvrages qui font égalerinenr honneur à fon cifeau ; enfin , c’eft à lui que les Artsdoivent le monument coloffal que la République de Genèvelient de faire ériger dans fon Lycée, à la mémoire de J. J,Roulfeau.
Quelles pourroient être les caufes de cette richeffelittéraire, linon celles que j’ai indiquées ? Comment lairès-petite République de Genève , fa médiocre citéeft-elle en même tems une des villes les plus indu!»trieufes ôc les plus Lavantes de l’Europe ? Comment,fous ce dernier rapport fur-tout, l’emporte-t-elle furde valles Empires ? C’eft que Genève eft une Répu-blique démocratique } que le mérite y eft honoré} quel’on ne peut prefque point s’y pafler d’inftru£tion} qu’iln’eft pas jufqu’aux métiers de finance, vils par-tout,qui ne foient à Genève relevés par de grandes connoiffances} c’eft que, tandis que le defpotifme des Princes& la tyrannie du clergé romain opprimoient la pen-fée, elle étoit prefqu’emiérement libre à Genève.
Combien ne feront-elles pas plus brillantes ôc plusheureufes les deftinées de la France fous une Répu-blique démocratique tempérée , lorfqu’au lieu des élé-mens incomplets qui ont pourtant rendu Genève unde ces phares lumineux qui éclairent les vaftes ténèbresdes nations, elles feront fortement appuyées fur ledroit bien réparti du régime repréfentatif, fur degrandes inftitutions qui ne peuvent avoir de reflortstrès-pujftans, d’influences magiques que dans une na-tion populeufe ! L’Académie de Genève & fâ Biblio-thèque publique font avec raifon regardées comme desfources d’inftru&ion & d’émulation} mais l’înftitut na-tional de France, auquel il manque peut-être quelquesferions qu’il acquerra avec le tems, l’Inftitut natio-nal organifé fur un plan vafte , compofé de toutes leslumières que l’orage révolutionnaire n’a pas éteintes