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non craints, par îa juftice : leur repos , leur faîut dé-pend de leur fourmilion à la Conftitution. La Répu-blique Françaife fera donc puilT.inte & profpère parfes lois, par fa force, par les Sciences, les Lettres 2>CJes Arts. Il lui faut des inftimtions, fources de mœurs& de vertus publiques } il faut dans le Gouvernement& d ans l’Adminiftration, des vues vaftes, des principesprofonds , des têtes p.cnfantes , & qui étudient lesgrands rapports des chofes & des hommes- 11 faudroitcréer une Science d’adminiftrarion bafée fur des qua-lités reconnues nécedaires & definies, qui défigneroientaux emplois ou en excluroient, félon qu’elles exi/le-roienr ou qu’elles n’exifteroient pas dans les individus,& félon les degrés où elles s’y trouveroient. Ces étudesqui ne font pas commencées, fûtes avec amour de lapatrie , avec capacité & fans intérêt perfonnel, fe-roient un éminent fervice rendu à toutes les nationspar la Philofophie. L. B.
Seroit-il néceffaire de dire aux Genevois qui aurontlu ce qui précède, qu’il faut y penfer mûrement avantde porter une main inconddérée fur des inftitutions quiont produit des effets aufii étonnans ? Faudroit-il leurfaire remarquer que le Tableau des Citoyens qui con-tribuent aêluellement à illuftrer. leur Patrie dans leslettres, les Sciences & les Arts, quelque brillantqu’il paroide dans cet Ecrit, eil encore incomplet,& qu’un grand nombre de Genevois qui ne font niAuteurs ni Artiftes n’en font pas moins recommanda-bles, & doivent à notre ancienne éducation publiqueîe mérite qui les diftingue ? Faudroit-il leur rappelerque Rousseau 5c Charles Bonnet ontvécu de nos jours , 6c qu’eux feuis auroient faitla réputation de Genève s’ils ne l’euflbnr trouvéedéjà établie ? Non , il ne faut rien leur dire de tout