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de large. Ces planches font mises horizon-talement , & clouées fur des taquets atta-chés contre le bord. L "'usage de ces plan-ches est de détourner la direction de lafemme, & l’empccher, en suivant les con-tours du côté du vaiíleau, d’aller endom-mager les saisines, pataras Sc autres manœu-vres. Les planches font de chêne, parcequ elles font moins susceptibles de prendrefeu, ct on a foin de les garnir de vase par-dessus pour entretenir une humidité très-propre à les garantir de cet inconvénient.Par la même raison , c J est avec des chaînesque hon amarre les radeaux qui doiventêtre de savant à l'arriere du vaisseau, ducoté du vent. C’est sur ces radeaux que sonmet le bois pour chaufferie vaisseau , quese tiennent les calsats pour travailler , & lesofficiers pour inlpecter le travail. On y metencore des pompes aspirantes & refoulan-tes , connues íous le nom de pompes à in-cendie , pour rallentir le feu s’il étoit tropvif, & héteindre en cas d’accident.
Tout étant ainsi diípofé, on vire aux ca-bestans des pontons fur les francs-funins,ct on file à mesure les retenues. Si à st ungros vaisseau, on le fait coucher jusqu’à ceque le tiers de fa partie submergée paroissehors de seau. Alors on met les linquels auxcabestans, & on amarre à des palins despontons les francs-funins qui restent garnisaux cabestans : pour plus grande sûreté onamarre encore quelques barres des cabestansà d’autres palins, & on met des bosses furles francs-funins. On embraque aussi les re-tenues , & on les amarre solidement. Lors-que tout est bien saisi , on met le feu. Dèsque ce premier feu est fini, on vire de nou-veau aux cabestans, en filant les retenuestout doucement, & on fait coucher encorele vaiíleau d’un autre tiers de fa caréné.Alors on amarre tout avec les mêmes pré-cautions que devant, & on met le secondfeu , après lequel on vire pour la troisième& derniere fois, jusqu’à ce que la quille pa-roisse fur beau. Lorsque le dernier feu estfini, on travaille à carener le vaisseau ou àle radouber. Si c’est une frégate que sonvire en quille , on l’abat pour ì’ordinaire endeux fois. Lorsque le vaisseau oppose tropde résistance pour être abattu, on peut yremédier en guindant les mâts diurne plus
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ou moins, en hissant les vergues diurne,en mettant des poids dans les hunes, ensuspendant des banques aux bouts des ver-gues diurne, &c. : au contraire, sll se cou-choit trop facilement, on peut dépasser lesmâts d’hune , &c. ; mais sur-tout on doitavoir attention de ne filer les retenuesqu’avec beaucoup de précaution.
Lorsqu’on veut redresser le vaiíleau, onfile les francs-funins en douceur, ct on viresur les retenues que hon a garnies avec ca-bestans , après en avoir ôté les francs-funinsqui font retenus par de bonnes bostes. Stle vaisseau est trop difficile à redresser , onpasse un ponton du côté du vent ; & frap-pant un fort cordage à la tête du grand mâtdu vaiíleau, on le fait palier dans une pouliequi est à la tête du mât du ponton, d’oùdescendant dans une poulie de retour fur lemême ponton, il vient à un cabestan fur le-quel on vire. Je voudrois que cette derniereprécaution fût prise par tous ceux des vais-seaux que hon abat, desquels on n’est pasparfaitement sûr ; & que hon n’attendìt pointpour passer le ponton, ou pour préparerune manœuvre équivalente, à courir risquede ne pouvoir plus le faire , si, après avoirété couché jusqu’à certain point, le vaiíleauíè couchoit alors de lui-même tout-à-fait ,comme cela est arrivé quelquefois, soit parla forme du bâtiment, soit par le déran-gement du lest ou autre accident. J’ai ététémoin moi-même d’un événement pareil,& f ai vu couler bas un bâtiment du roi quel’on auroit préservé par-là de cet accident.
On eut beau virer fur les retenues, ce futinutilement ; & elles ont en effet une forceassez limitée.
Lorsqu’on abat un vaiíleau, comme lors-qihil se releve, il saut avoir attention de fairetravailler en même-temps tous les francs-funins du grand mât & du mât de misaine.Si un seul saisoit force, il seroit à craindrequ’il ne rompît, d’où il pourroit s’eniuivreque bautre romproit auíìì,
C'est là la façon dont on abat urr vais-seau lorsqibon peut se fournir toutes lescommodités & toutes les choses que honvient de détailler : si l’on en étoit privé,c’est à l’efprit & à l’invention à y suppléer.On peut employer & l’on emploie souventi des mâts d’hune pour tenir sien d’aiguilles.