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1. Tome premier [A - AKR]
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44 A B B

L’émir modeste par politique, tint les rênesde íà mule pendant toute six marche, & parcet abaissement extérieur, il rendoit fa puis-sance plus sacrée : quoiqu’il lui déférât tousles honneurs de la cérémonie, il íe réservoirla réalité du pouvoir ; & quand il retournadans Blrax , il s établit à Bagdad, qui nereçut des ordres que de lui. Depuis le réta-blissement du calife Kaïem, onze califesAbbassides languirent fans pouvoir à Bag-dad , où ils ne se mêlèrent que des affairesde la religion. Cette ville fut prise & sacca-gée par le petit-fils de Gengís, Ban de l’he-gire 656. Les Abbaíïìdes surent enveloppésdans fa ruine, 8c depuis ce désastre il n’yeut plus de calife à Bagdad ; mais loríqueBaladin eut détruit les califes Fatimites enEgypte, le Sultan Bibar, un de ses succes-seurs, y appella une branche des Abbaíïì-des , qui exerça le califat en Egypte jusqiBenBan 923, que Selim en fît la conquête.( T—n. )

ABBAYE, f. f. Monastère ou MaisonReligieuse, gouvernée par un Supérieur,qui prend le titre d’Abbé ou d ’Abbejse.Voye[ Abbé , &c.

Les Abbayes diffèrent des Prieurés en cequelles font fous la direction d’un Abbé;au lieu que les Prieurés font fous la direc-tion d’un Prieur : mais BAbbé & le Prieur(nous entendons BAbbé Conventuel) fontau fond la même chose, & ne diffèrentque de nom. Voye[ Prieur.

Fauchet observe que dans le commence-ment de la Monarchie Françoise, les Ducs6c les Comtes s’appelloient Abbés , & lesDuchés & Comtés , Abbayes. Plusieurspersonnes de la premiere distinction, fansêtre en aucune forte engagées dans Bératmonastique, prenoient la même qualité. Ily a même quelques Rois de France quisont traités d 'Abbés dans BHistoire. Phi-lippe I, Louis VII , & ensuite les Ducsd’Orléans, prirent le titre d!Abbés du Mo-nastère de S. Agnan. Les Ducs d J Aqui-taine font appellés Abbés du Monastère deS. Hilaíre de Poitiers , 6c les Comtes d’An-jou, de celui de S. Aubin, &c. mais c’estqusils poflédoient en effet ces Abbayes, quoi-que laïques. Voye[ Abbé.

Abbaye , se prend auffi pour le bénéficemême, 6c le retenu dent jouit l’abbé.

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Le tiers des meilleurs bénéfices d’Angle-terre étoit anciennement, par la concessiondes papes, approprié aux abbayes 6c autresmaisons religieuses : mais fous Henri VIIIils furent abolis , & devinrent des fiefs sécu-liers. 190 de ces bénéfices abolis, rappor-toient annuellement entre zoo 1. & 55000 1.ce qui, en prenant le milieu, íe monte à2.855000 1. par an.

Les abbayes de France font toutes à lanomination du roi , à Bexception d'unpetit nombre; savoir, parmi les abbayescBhommes, celles qui íont chefs-cBordre,comme Cluny , Cîteaux avec ses quatrefilles, &c. 6c quelques autres de Bordre deS. Benoit, & de celui de Prémontré : 8cparmi les abbayes de filles, celles de SainteClaire, où les religieuses, en vertu de leurréglé, élisent leur abbesse tous les trois ans.On peut joindre à ces dernieres celles deBordre de S. Augustin, qui ont conservéBusage cBélire leur abbeffe à vie, commeles cìianoinestes de S. Cernin à Toulouse.

C’est en vertu du concordat entre Léon X& François I, que les rois de France ont lanomination aux abbayes de leur royaume.

(ïï)

ABBÉ, f. m. supérieur d’un monastèrede religieux, érigé en abbaye ou prélature.Voye[ Abbaye & Abbesse.

Le nom d’abbé tire son origine du motHébreu a» , qui signifie pere ; d’où les Chal-déens 8c les Syriens ont formé abba : delàles Grecs abbas , que les Latins ont retenu.D ’abbas vient en François le nom d’abbé,&c. S. Marc 6c S. Paul, dans leur TexteGrec, se servent du syriaque abba, parceque c’étoit un mot communément connudans les synagogues, & dans les premieresassemblées des chrétiens. Ils y ajoutent en.forme d’interprétation, le nom de pere abba,O Tìaìnp, abba pere, comme s’il disoient,abba, c’est-à-dire , pere. Mais ce nom ab6c abba, qui d’, bord étoit un terme detendresse & d’affection en Hébreu 6c en.Chaldéen, devint ensuite un titre de dignité'& d’honneur. Les docteurs Juifs Baffec-toient ; 8c un de leurs plus anciens livres »qui contient les apophthegmes, ou sentencesde plusieurs d’entr’eux, est intitulé Pirkeabbo, ou avot ; c’est-à-dire , Chapitre des-. Feres, C’est par allusion à cette affectation