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îa stupidité de ses habitans, que Juvénall'appelle. vervecum patria ■: il iPest point defol assez ingrat qui ne donne quelquefoisd'exceìlens fruits. Ce fut dans cette ville sistérile en génies, que Démocrite, Prota-goras, Anaxarque , Hecatée , Nicenete 8cplusieurs autres philosophes célébrés prirentnaissance. Les Abdérites , quoique grossiers8c stupides, surent affligés d'une maladiequi semble avoir fa source dans une ima-gination vive & bondissante, qui décele plusde légéreté que de pesanteur, & qui sembleincompatible avec la stupidité. Lucien 8cplusieurs autres écrivains assurent que dansun certain temps de saunée, ils étoient at-taqués d J une fievre brûlante, accompagnéede transports au cerveau. Quoique leursvisages fussent pâles 8c décharnés , leurfolie n'étoit qssune fureur poétique, qui lesxendoientplus vifs & plus aimables. Ils cou-toient les rues íàns tenir de route certaine ;îls récitoient avec enthousiasme les vers desplus fameux poètes tragiques, 8c ils répé-toient fans cesse ce refrain : ô amour , tyran,des dieux & des hommes ! Cette exclamationfait présumer que cette extravagance, qu'onattribue aux ardeurs brûlantes du soleil,rsétoit qssune ivresse ou une fievre d amour.Cette folie n avoir rien de déshonorant àleurs yeux, ils laregardoient comme un trans-port divin, comme une ivresse sainte quiélevoit leur esprit vers le ciel. Les Abdéritesappellerent Hyppocrate pour guérir Dé-mocrite leur concitoyen, quils traitoientcPinfenfé, parce qusil doit de leur folie. Ilsprirent ces ris immodérés pour un accès decette fievre dont ils étoient brûlés ; mais lesavant médecin les crut plus malades quelui. Le tableau qu'on nous a laissé des Ab-dérites, peut bien avoir été dessiné par lesGrecs, ingénieux à tout exagérer ; on doitse précautionner, en les lisant, contre la sé-duction. Il ne saut qu’un imbécile dans unecontrée, pour lui attirer le mépris 8c le sar-casme de tous ses voisins. ( T — n. )
* ABDÉRITES, habitans d'Abdere.Voye[ Abdere.
ABDEST, f. m. mot qui dans la languePersane signifie proprement seau qui sert àlaver les mains : mais il se prend par lesPersans & par les Turcs pour la purificationlégale ; & ils en usent avant que de com-
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mencer leurs cérémonies religieuses. Cemot est composé à’ab qui signifie de seau,8c à!est la main. Les Persans, dit Olearius,passent la main mouillée deux fois fur leur têtedepuis le cou jusqu'au front, 8c ensuite surles piés jusqu'aux chevilles : mais les Turcsversent de seau sur leur tête, 8c se laventles piés trois fois. Si néanmoins ils sè sontlavé les piés le matin avant que de mettreleur chaussure, ils se contentent de mouillerla main, & de la palier pardessus cettechaussure depuis les orteils jusqu à la chevilledu pié. ( G )
ABDIAS de Babylone , ( Hijl. eccléf. )est auteur d'une Histoire du combat desApôtres. Il nous dit dans sa préface qullavoir vu Jesus-Christ ; qu'il étoit du nombredes soixante 8c douze disciples; qu'il suiviten Perse S. Simon 8c S. Jude, qui Pordon-nerent premier évêque de Babylone. Maisen même temps il cite Hégésippe, qui n'avécu que cent trente ans après Pascensionde Jesus-Christ, 8c veut nous faire accroirequ’ayant écrit lui-même en Hébreu, sonouvrage a été traduit en Grec par un nomméEutrope, son disciple; & du Grec en Latin,par Jules Africain, qui vivoit en 2 , 2 . 1 . Cescontradictions font moins propres à cons-tater Pauthenticité de son histoire, qu J à lefaire regarder comme un imposteur auíïtmal adroit qu impudent. Cependant Wol-fang Lazius, qui déterra le manuscrit decet ouvrage dans le monastère d'Oísiak enCarinthie, le fit imprimer à Basse en ryyi ,comme un monument précieux. Il y en aeu plusieurs autres éditions, fans que cettehistoire en ait acquis plus d'autorité auprèsdes critiques sensés.
Abdias, ( Hist. Sainte.) le quatrièmedes douze petits prophètes, vivoit fous lerégné d'Ezéchias, vers Pan 726 avant Jesus-Christ. Il prédit la ruine des Iduméens & leretour de la captivité de Juda, la venuedu Messie &la vocation des Gentils ; maisces dernieres prédictions ne paroisient pasaussi claires que les premieres. Il ne faut pasle confondre avec plusieurs autres Abdias ,dont il est parlé dans PEcriture : savoir, i. uncertain Abdias , intendant de la maisond'Achab, qui cacha dans une caverne d’unemontagne à laquelle il donna son nom ,cent prophètes pour les soustraire à la fureur
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