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1. Tome premier [A - AKR]
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portendic , à quarante-deux lieues ; & l’iíle<ìe Gui-Aguadir ou Arguin, à quatre-vingt-cinq lieues. Les deux autres efcalles detraite font fur le fleuve Niger , dont lapremiere & la plus considérable , appelléeîe Désert, & à trente lieues de son em-bouchure , dans l’est-nord-est, & corres-pond au grand 8 c au petit Portendic ; laseconde est à Don aï fur le Terrier Rouge,à quarante lieues de la même embouchure,ëc correspond au commerce d’Arguin: voicicomment.

Nous avons dit qu'il y a trois forêts degommiers au Sénégal, que chacune d’ellesappartient à une tribu de Maures, qui feréserve le droit exclusif d’y venir faire an-nuellement fa récolte de gomme. Or laposition physique de chacune de ces forêtsa déterminé leurs propriétaires à porter leurgomme à l’efcalle’ la plus voisine de leurhabitation ordinaire ; & comme les pâtu-rages nécessaires à leurs troupeaux fontplusabondans dans le voisinage des rivières,ils fe font rapprochés autant qu’ils ont pudu fleuve Niger, fans quitter leur forêt.C’est ainsi que le Bakar , chef de la tribudes Ebragena,à laquelle appartient la grandeforêt d J Aifatak , qui commence aux bordsdu lac Caër, improprement appelle Cayar ,Sc qui s’étend considérablement dans Lest ,vient porter fa gomme à l’efcalle de Donaïfur le terroir Rouge, dans le voisinagedu comptoir de Podor. Nous apprenonspar les Negres qui avoisinent cette tribu ,que son adouard , ou le lieu de son cam-pement , est à 50 lieues du fort de Podor ,fur les terres du royaume de Siratik, dontles peuples appellés Peuls , 8 c par corrup-tion Foules , font des Negres. On fait parles dépouillemens des registres de la com-pagnie des Indes, qu’en l’année 1700 , oùson commerce n’étoit pas aussi considérableque dans les derniers temps, il fut traité auTerrier Rouge , pendant les mois de mars,avril 8 c mai, plus de 3,600 quintaux degomme, qui équivalent à 14,400quintauxde France ; or le quintal des Maures pefoitalors 400, Sc depuis l’année 171 s, M. Brue,alors directeur général au Sénégal, le fitmonter à 700 1. où il est resté.

La forêt de Lébiar, que le P. Labat ditaetre qu’à 30 lieues au nord-est de l’efcalle

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du Désert, Sc que les Maures nous assurentêtre à plus de quarante lieues, appartientà la famille des Darmanco, chefs de latribu des Auled-el-hagi. Ces Maures fontfort laborieux , & quoiqu’auffi voisins d’Ar-guin , ils préfèrent d’apporter leur gommeà l’efcalle du Désert, à cause des pâturagesqu’ils trouvent au bord du Niger, où ilspassent le reste de la saison feche, c’est-à-dire , jufqu’en mai & juin. Quoique leurforêtToit la plus grande des trois , & qu’ellefournisse abondamment, néanmoins ils enrecueillent aussi quelquefois dans celle d’Al-fatalc , 8 c ils exportent communément izà 1 f mille quintaux aU Désert.

La forêt de Sahel, quoique la moindredes trois forêts de gommier , est la plus pré-cieuse par la qualité de la gomme qu’elleproduit; aussi le maître de cette forêt a-t-il fur les deux autres une supériorité , quelui donne peut-être aussi fa plus grande pro-ximité de Portendic 8 c l’Iíle Saint-Louis, quiest le chef lieu de la concession du Sénégal :elle fournit environ dix mille quintaux degomme. La tribu à laquelle elle appartient,fe nomme Thrarga ou Ternr\a , Sc apour chef Hamar Alichandora, fils d’Addi,qui a donné son nom au port d’Addi ,appellé par corruption Portendic. Ce sei-gneur promene fes tentes ou fes villagesambulans au nord 8 c à l’occident de cetteforêt, du côté d’Arguin 8 c de Portendicoù il porte fa gomme, mais par préférenceà Portendic où font deux pauvres hameauxd’environ deux cens personnes chacun, quiy font fixés , au moins pendant le tempsde la traite ', c’est à-dire , depuis le moisde décembre jufqu’au commencement dejuin. Le gouvernement de ces deux ha-meaux est confié à un maître de l’efcallenommé autrefois Bovali , qui fait avertirAlichandora dès qu’il arrive des vaisseauxpour la traite.

Les Maures trouvant beaucoup plus defacilité à porter leur gomme fur les bordsdu Niger, où ils font attirés après leur ré-colte , 8 c comme fixés pendant l’hiver parl’abondance des pâturages, la vendoientautrefois toute aux François qui étoient enpossession de ce fleuve,, & qui profítoientde cette facilité pour l’acquérir à très-vilprix. Les Anglois de leur côté, les Hol-