A c A
une grande idée du génie 8c du goût decette Académie, si ía réputation n'avoitpas ses titres plus solides : elle continueencore ses assemblées dans un college quiifest pas loin de la cathédrale. Ses membres,d'un savoir & d'un mérite distingué, suivantfobjet de son institution , ont rendu danstous les temps, & continuent à rendreles plus grands lervices à la langue Italienne.Ils font en quelque íorte fixée par f auto-rité des auteurs classiques de la nation, telsque Bocace, Machiavel, Castiglione, Vil-lani, à c. que pour cette raison on appellefamilièrement autori cruscanti. Cela if em-pêche pas que le Dictionnaire de la Cruscane soit encore susceptible de corrections &cfaugmentations, comme font démontré
Í stulieurs écrivains Italiens, & en particuliere P. Berguntini.
Académie Platonique de Flo-rence. Corne de Médicis, surnommé lepere de la patrie , conçut le projet d'uneAcadémie Platonique , & destina pour laformer le jeune Ficin, fils de son médecin.Ce ne sut pourtant que Laurent le magni-fique, petit-hls de Corne, qui mit ce projeten exécution quelques années après. Il en-gagea, (dit M. de 1 a Lande, dans ionVoyage d’un François en Italie) Christophe Landinus , Maríîle Ficin, & Picde la Mirandole, à f occuper de f expli-cation & de la traduction des ouvrages dePlaton ; il exhortoit toutes les personnesqui avoient du goût pour la Philosophie,à se joindre à eux pour former cetteAcadémie Platonique. On s'assembloitou chez Bandini à Florence, ou chezLaurent de Médicis à la campagne : onmangeoit ensemble. Après dîner on lisoit8c son expliquoit Platon ; & chacun tiroitau sort f article fur lequel il devoir diílerter.L'asiemblée la plus remarquable étoit celledu 7 Novembre , jour où Platon étoit né,8c auquel il cessa de vivre, après avoirdîné avec ses amis.
Laurent le magnifique étant mort en1491, (continue le même historien voya-geur ) , Bernard Oricellarius attira cetteassemblée dqns ses jardins : Petrus Crini-tus, & cfautres auteurs de ce temps-là,parlent souvent de ces- conférences. Ony traitoit aussi des réglés de la langue Ita-
ACA 235
lienne, des causes de fa corruption , 8 cdes moyens de la rétablir : ce fut f originedes Académies de Belles - Lettres : NicolasMachiavel , Ange Politien, & plusieursi autres personnages célébrés y assistoient.Les troubles de la république de Florence,& sur-tout la conjuration contre le cardinalJules de Médicis , qui vouloir gouvernerFlorence, couterent la vie à quelques-unsdes membres de Y Académie Platonique ,& en caulerent la dispersion en ijii ( voy.Nardi dans son Hifloire da Florence,liv. Vil) ; mais elle fut rétablie ensuitepar les soins du prince Léopold, frere dugrand duc Ferdinand de Médicis, vers fan1660. Nous voyons qu'on y lisoit alorsles ouvrages de Platon, qu on dissertoit furleur véritable sens ; on y lisoit aussi lespoésies de Dante, aussi savantes que diffi-ciles. ( Voye ç Bandini specimen LittératuresFlorentines sœculi XV. Florent. IJ 4 -J &I 7 $i. in- 8 °. )
Académie del Cimento. Florenceavoir donné le premier exemple (f une Aca-démie de philosophie spéculative, celle donton vient de parler ; elle eut encore la gloirede donner à PEurope la premiere Aca-démie de Physique, sous le nom del Ci-mento , c J est-à-dire, de l’expérience. Gali-lée, Toricelli, Aggiunti, Viviani en furentles précurseurs. Elle fut formée par le car-dinal Léopold de Médicis, frere du grandduc Ferdinand II, le 19 de juin 1657, desdébris de Y Académie Platonique, dont ceprince rastembla les membres dispersés,comme on vient de le dire plus haut.Mais elle avoir été précédée par une eípeceà‘ Académie de physique qui s’assembloitauprès du duc Ferdinand II, dès fan 1651.Vyyage d’un François en Italie. Nousavons un recueil cf expériences de cetteAcadémie en langue Italienne : le célébréMuííchenbroek fa traduit en Latin, 8 c ya joint d-excellentes notes ou additions. Lesexpériences de Y Académie 8 c les additionsde Muííchenbroek ont été traduites enFrançois & se trouvent dans le premiertome de la collection académique , impri-mée à Dijon. Nous saisirons f occasion quíse présente ici, de dire que le grand ducFerdinand II étoit physicien, qu'il aimoitla chymie, qu il avoit un laboratoire, &
Gg z