A C A
les riche îles qui lui font propres, elle ras-semble encore aisément celles des contréesvoilures. Le terroir est fertile en bled & enlégumes. La pêche est abondante fur lescôtes. La chasse des castors & des autresamphibies y est aussi' facile 8 c aussi abon-dante que dans le reste de l’Amérique sep-tentrionale. Annapolis, autrefois Port royal,en est la capitale.
Les Acadiens ont toutes les qualités esti-mables des Sauvages de l’Amérique sep-tentrionale 8 c peu de leurs défauts. Ils aimentla guerre & non pas le carnage. Le but deleurs expéditions est la paix après la victoire.Ils traitent leurs prisonniers avec noblesse ,& ne les mangent pas. Dociles aux leçonsde l’équité, à 1 epreuve des exemples duvice, ils ont adopté notre morale lans adop-ter nos mœurs. Lorsqu’on les découvrit,chaque bourgade étoit gouvernée par unsagamo ou chef, dignité élective dont onhonorait presque toujours le chef de la plusnombreuse famille. Chaque pere comptoirses enfans avec autant de tiercé, qu’un héroscompte ses victoires : c’étoit autant de titrespour mériter des suffrages dans une élection.La polygamie étoit tolérée en faveur desplus robustes. Le íagamo jouissoit de lapêche & de la chasse des jeunes gens quiitéraient pas mariés, & , même après leurmariage, il levoit un tribut fur eux. Il lesconduifoit à la guerre ; & ces soldats, avantde partir, s’exerçoient en luttant contreleurs femmes : 11 celles-ci triomphoient,f augure étoit favorable pour le succès dePexpédition : li elles étaient battues , ondésespérait de la victoire, mais on partoittoujours. Après la mort d Ain pere de famille,on mettoir le feu à fa cabane, & l’on ornoition tombeau de choies qu’il avoir le plusaimées. La naissance d’un mâle, l’appari-tion de fa premiere dent, son premier coupd’essd à la chasse , étoient marqués par au-tant de fêtes. Les femmes y étoient traitéesavec autant de dureté que de mépris, choseétonnante chez des hommes qui travailloientavec tant de zele à la propagation de l’es-pece. Quant à leur religion, à leurs maria-ges, à leur maniéré de vivre & de com-battre, ils resembloient aux autres Sauvages,áu Canada. Voyez Canada.
Ce fut en. ippa que le marquis, de. la
A C A 255
Roche, que Henri IV avoir choisi pourcontinuer les découvertes de Jacques Cartier,aborda fur les côtes d ‘Acadie. En 1604,Pierre de Guast , sieur de Monts, 8 c SamuelChampelain pénétrèrent jusqu’à l’isthmequi joint cette péninsule au continent. LesFrançois ne demeurèrent pas tranquillesdans leur établissement : les Anglois leurenlevèrent leur conquête ; mais elle futbientôt restituée, soit que le conseil britan-nique ignorât les richesses de cette contrée ,soir qu’il fût effrayé par l’impossîbilité d’ou-vrir une communication par terre entreY Acadie 8 c la Nouvelle Angleterre. LesFrançois rentrerent donc dans cette pénin-sule , & renouvellerent leur alliance avec:les sauvages , qui, charmés de leur dou-ceur , les caressoient malgré les oracles deleurs jongleurs. Ceux-ci ne cessoient deleur prédire que leur destruction entiereferait l’ouvrage des François : il étoit plusà craindre que les François 8 c les Anglois11e se détruisissent les u-ns les autres danscette contrée. La Tour y commandent aunom du roi de France. Son pere, qui avoirpassé au service du roi d’Angleterre, promità ce prince de lui livrer XAcadie , & crutque le jeune homme, séduit par l’espéranced’une haute fortune, ne résisterait pas auxsollicitations d’un pere qu’il aimoit tendre-ment. Il s’embarqua donc chargé de richespromesses 8 c de magnifiques préfèns queS. M. B. prodiguoit au gouverneur. Troisfois il tenta de corrompre fbn fils, &c troisfois le jeune homme lui répondit avec autant:de noblesse que de fermeté. Le pere, de-venu furieux, l’aíïîégea dans fon fort. Se»armes ne réussirent pas mieux que ía poli-tique. Enfin , craignant de trouver en An-gleterre une mort ignominieuse pour prix.d’une tentative inutile, il rentra dans sondevoir, demeura en Acadie , & renvoya:les Anglois.
Le gouvernement de La Tour aurait faitle bonheur de la colonie, si on ne lui avoirpas donné des collègues avides, qui enne-mis l’un de l’autre , le surent bientôt ausside cet officier. Le partage des terres, leslimites de leur jurisdiction causerent des.débats très-vifs ; la querelle s’échauffa de.• plus en plus, & devint une guerre civile,,ì Tandis qu’on. étoit aux. xnains x lés-Anglois „