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3. Tome troisième [APA - ATT]
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rive: ia justice distributive dispense les char-ges & les récompenses, selon le mérite dechaque citoyen ; 8c elle a pour réglé la pro-portion géométrique : la justice commuta-tive j qui consiste dans un échange de cho-ies , donne à chacun ce qui lui est dû, &garde en tout une proportion arithmétique.6°. On se lie d’amicié avec quelqu’un oupour le plaisir qu’on retire de son com-merce , ou pour futilité qui en revient,©u pour son mérite sondé sur la vertu oud’excellentes qualités. La derniere est uneamitié parfaite : la bienveillance n’est pas,à proprement parler , f amitié ; mais elley conduit, & en quelque façon elle dé-bauche.

Aristote a beaucoup mieux réussi dansíà logique que dans sa morale. Il y décou-vre les principales sources de l’art de rai-sonner ; il perce dans le fond inépuisabledes pensées de l’homme ; il démêle ses pen-sées , fait voir la liaison qu’elles ont entr’elles,les fuit dans leurs écarts & dans leurs con-trariétés , les ramene enfin à un point fixe.On peut assurer que, fi l’on pouvok attein-dre l’esprit, Aristote l’auroit atteint. N’est-ce pas une chose admirable , que par diffé-rentes combinaisons qu’ii a faites de tou-tes les formes que l’esprit peut prendre enraisonnant , il lait tellement enchaîné parles réglés qu’il lui a tracées, qu’il ne puisses’en écarter, qu’il ne raisonne inconséquem-ment ? Mais fa méthode, quoique louéepar tous les philosophes, n’est point exemptede défauts. i°. Il s’étend trop , & par-làil rebute : on pourroit rappeler à peu depages tout son livre de cathégories, 8ccelui de l’interprétation ; le sens y est noyédans une trop grande abondance de paroles ;a". Il est obscur &; embarrassé; il veut qu’onle dévine, 8c que son lecteur produise aveclui ses pensées. Quelque habile que l’onsoit, on ne peut guere se flatter de savoirtotalement entendu ; témoin ses analytiques,où tout l’art du syllogisme est enseigné. Tousks membres qui. composent íà logique setrouvent dispersés dans les différelis arti-cles de ce Dictionnaire ; c’est pourquoi,pour ne pas . ennuyer le lecteur par unerépétition inutile des mêmes choses , on ajugé à propos de l’y «envoyer asin qu’il ks,consulte,.

A R I

Passons maintenant à la physique d’A-ristote; 8c, dans f examen que nousen allonsfaire, prenons pour guide le célébré LouisVisés, qui a disposé dans l’ordre le plusméthodique les différens. ouvrages où elleest répandue. Il commence dabord par leshuit livres des principes naturels, qui pa-raissent plutôt une compilation de différens.mémoires , qu’un ouvrage arrangé fur unmême plan; ces huit livres traitent en gé-néral du corps étendu, ce qui fait l’objet.de la physique, & en particulier des princi-pes , 8c de tout ce qui est lié à ce prin-cipe , comme le mouvement, le lieu, letemps, &c. Rien n’est plus embrouillé quetout ce long détail ; les définitions rendentmoins intelligibles des choses qui, par elles-mêmes, auraient paru plus claires, plusévidentes. Aristote blâme d’abord les phi-losophes qui l’ont précédé, & cela d’unemaniéré allez dure ; les uns d’avoir admistrop les principes, les autres de n’en avoiradmis qu’un seul : pour lui, il en établittrois, qui font la- matière , là forme , la.privation. La matière est, selon lui, le sujetgénéral sur lequel la nature travaille ; sujet-éternel en même temps, 8c qui ne ceflera.jamais- d’exister ; c’est la mere de toutes-choses , qui soupire après le mouvement,& qui souhaite avec ardeur que la formevienne s’unir à-elle. On ne fait pas tropce qu’Aristote a entendu par cette matière-premiere qu’il définir, ce qui n’ejï , ni qui ,ni combien grand , ni quel , ni rien de ce parquoiVêtre ejidéterminé. N’a-t-il parlé ainsi de -la matière que parce qu’il étoit accoutumé 'à mettre un certain ordre dans ses pensées,8c qu’il commençoit par envisager lés cho-ses d’une vue générale , avant de descen-dre au particulier ? S’il n’a voulu dire que.cela, c’est-à-dire, si, dans son esprit, la ma-tière premiere n’avoit d’áutre fondementque cette méthode d arranger dés idées oude concevoir les choses, il n’a rien d r qu’onne puisie lui accorder ; mais aussi cettematière n’est plus qu’un être d’imagina-tion ; une idée purement abstraite ; ellen’existe pas plus que la fleur en général,.que l’homme en général, &c. Ce n’estpourtant pas qu’on ne voye des philoso-phes aujourd’hui, qui, tenant d’Aristote la,Maniera de considérer les choses en générai.