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3. Tome troisième [APA - ATT]
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& les principes de leur génération, quoiqued’une façon éloignée, à recevoir lts impreí-lîons de f esprit divin ; mais la cause formellede la connoissàncedes choses futures leur vientdes corps célestes. Tels furent Elisée, Daniel,joseph, & tous les devins des Gentils.

Dieu est la cauíè de tout, voilà pourquoiil est la source des prophéties ; mais il Rac-commode à la disposition de celui qu’il ins-pire , & à Tarrangement des corps célestes :or Tordre des cieux varie perpétuellement.

La santé rendue à un malade miraculeu-sement , vient de Timagination du malade ;c’est pourquoi si des os réputés être d 1 u nsaint, étoient ceux d’un chien , le maladen en seroit pas moins guéri : il arrive mêmesouvent que les reliques qui opèrent le plusde prodiges , ne sont que les tristes débrisd'un homme dont Tame brûle en enfer. Laguérison vient aulsi quelquefois d’une dispo-sition particulière du malade.

Les prières faites avec ardeur pour de-mander la pluie, ont souvent leur effet, par. a force de Timagination de ceux qui la de-mandoit ; car les vents & les élémens ontune certaine analogie , une certaine sympa-thie avec un tel degré d’imagination, & ils luiobéissent. Voilà pourquoi les prières réo-pèrent point quelles ne partent du fond ducœur , & quelles ne soient ferventes.

Suivant ce sentiment, il ìfest pas incroya-ble qu un homme né sous une telle constella-tion , puisse commander aux vents & à lamer , chaísor les démons , &c opérer en unmot toutes sortes de prodiges.

Nier que Dieu & les esprits soient cause detous les maux physiques qui arrivent , c’estrenverser Tordre qui consiste dans ía di-versité.

Comme Dieu ni les corps célestes ne peu-vent forcer la volonté à se porter vers unobjet ; aussi ne peuvent-ils pas être la causedu mal moral.

Certaines dispositions des corps influentpourtant fur le mal moral : mais alors il cessed’être mal moral, & devient vice de nature.

Les astrologues disent toujours des chosesconformes à la raison & au bon sens :l’homme par la force de ce qu’il renferme ,peut être changé en loup, en pourceau ,prendre en un mot toutes sortes de formes.

Tout ce qui commence doit avoir une fin ;il n’est donc pas surprenant que les oracles ,aient cessé.

A RI

L’ancienne loi, selon Tordre , demandoitdes oracles : la nouvelle n’en veut point,parce que c’est un autre arrangement ; ilfalloit contracter d’autres habitudes.

Comme il est fort difficile ;de quitter uneancienne habitude pour en prendre une nou-velle , il s’enfuit que les miracles étoient né-cessaires pour faire adopter la nouvelle loi,& abandonner Tancienne.

Lorsque Tordre des cieux commencera àchanger, tout changera ici-bas: nous voyonsque les miracles furent d’abord foibles, & lareligion aussi ; les miracles devinrent plus fur-prenans, la religion s’accrut ; les miracles ontcesse, la religion diminue : tel est Tordre descieux ; il varie & il variera si fort, que cettereligion cessera de convenir aux hommes.

Moïse a fait des miracles, les païens aussi,avec eux Mahomet & Jefus-Christ. Cela estnécessaire , parce qu’il ne sauroit y avoir dechangement considérable dans le monde,íàns le secours des miracles.

La nature du miracle ne consiste pas ence qu’il est hors de la sphere des choses or-dinaires , mais en ce que c’est un effet rare ,dont on ne connoît pas la cause, quoiqu’ellese trouve réellement dans la nature.

Voilà Timpiété de Pomponace dans sonentier ; il croît Tadoucir , en disant que Je-sus-Christ doit être préféré à Aristote & àPlaton. " Et quoique, dit-il, tous les mi--- racles qui sont arrivés puissent s’expliquer» naturellement , il faut pourtant croire» qu’ils ont été faits furnaturellement en fa-» veur de la religion , parce que Téglife veut» qu’on le croie. « Il avoir pour maximede parler comme le vulgaire , & de pensercomme un philosophe ; c’est-à-dire , qu’ilétoit chrétien de bouche , & impie dans lecœur. “Je parle, dit-il en un endroit, pour» des philosophes qui sont les seuls hommes» qui soient sur la terre ; car pour les autres,» je les regarde comme de simples figures?> propres à remplir les vuidesqui se trouvent» dans Tunivers ». Qu’est-il besoin de ré-futer ce qu’on vient de lire ; ne sufíìt-il pointde l’avoir mis sous les yeux ? Pomponace eutplusieurs disciples , parmi lesquels fe trouveHercule de Gonzague, qui fut cardinal dansla fuite , ôc qui eut tant d’estime pour sonmaître, qu’il le fit inhumer dans le tombeaude ses ancêtres. Il paroît par une lettre de JulesScaliger, qu’il a été disciple de Pomponace,