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avec de tels troubles de donner à l’étude letemps qui est: nécessaire pour devenir savant.Il trouva pourtant le moyen de devenir undes plus savans hommes qui ait jamais paru.Le plus grand éloge que j’en puisse faire ,c est de dire qu’il fur écrit par M. Colbert furle catalogue des savans que Louis-le-Grandrécompensa. Ce grand roi lui témoigna parses largesses au fond de l’Allemagne le casqu il fassoit de son mérite. Il fut péripatéti-cien , & se plaint lui-même que le respectqu’ii avoir pour ce que ses maîtres luiavoientâppris, alloit un peu trop loin. Ce n est pasqu il n osât examiner les opinions d 1 Aristote :mais le préjugé se mettant toujours de la.partie, ces sortes d’examens ne le condui-soient pas à de nouvelles découvertes. Il pen-sent fur Aristote, & fur la façon dont il falloir1 étudier, comme Mélancthon. V oìci commeil parle des ouvrages d’Aristote : “Ilmanque,, beaucoup de choses dans la philosophie» morale a Aristote que je desirerois ; par» exemple , tout ce qui regarde le droit» naturel, & que je crois devoir être traité» dans la morale , puisque c’est sur le droit» naturel que toute la morale est appuyée. Sa» méthode me paroît mauvaise & ses argu-mens foibles» . Il étoit difficile en effetqu’il pût donner une bonne morale, puis-qu il nioit la providence , l’immortaíité del’ame, Sc par conséquent un état à venir oùon punit le vice , Sc où on récompense lavertu. Quelles vertus veut-on admettre enniant les premieres vérités ; Pourquoi doncne chercherois-je pas à être heureux dans cemonde ; puisqu il n’y a rien à espérer pourmoi dans l'autre ? Dans les principes d’Aris-tote, un homme qui se sacrifie pour la patrie,est fou. L’amour de soi-même est avanti’amour de la patrie ; & on ne place ordi-nairement l’amour de la patrie avant l’amourde soi-même , que parce qu’on est persuadéque la préférence qu on donne à l’intérêt de lapatrie sur le sien est récompensée. Si je meurspour la patrie , Sc que tout meure avec moi,n’est-ce pas la plus grande de toutes les folies ;Quiconque pensera autrement, fera plusattention aux grands mots de patrie , qu à laréalité des choses. Corringius s’éleva pourtant
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! un peu trop contre Descartes : il ne voyoit riendans fa physique de raisonnable , & celled’Aristote le satisfaisoit. Que ne peut pas lepréjugé fur I’esprit ? Il n’approuvoit Descartesqu’en ce qu’il rejetoit les formes substantiel-les. Les Allemands ne pouvoient pas encores’accoutumer aux nouvelles idées de Des-cartes ; ils reflembloient à des gens qui onteu les yeux bandés pendant long-temps , 8cauxquels on ôte le bandeau : leurs premieresdémarches font timides ; ils refusent de s’ap-puyer fur la terre qu’ils découvrent ; & telaveugle qui dans une heure traverse toutParis, seroit peut-être plus d’un jour à fairele même chemin , si on lui rendoit la vuetout d’un coup. Corringius mourut, & lepéripatétisme expira presque avec lui. Depuisil ne fit que languir ; parce que ceux quivinrent après & qui le défendirent, ne pou-voient être de grands hommes ; il y avoiralors trop de lumière pour qu’un hommed’esprit pût s egarer. Voilà à peu près le com-mencement , les progrès Sc la fin du péripa-tétisme. Je ne pense pas qu’on s’imagine quej’aie prétendu nommer tous ceux qui se fontdistingués dans cette secte : il faudroit des vo-lumes immenses pour cela; parce qu’autrefois,pour être un homme distingué dans son siécle,il falloir se signaler dans quelque secte de phi-losophie ; & tout le monde fait que le péri-patétisme a long-temps dominé. Si un hommepassoit pour avoir du mérite, on commençoicpar proposer quelqu argument, in barocho très-souvent, afin de juger si sa réputation étoitbien fondée. Si Racine Sc Corneille étoiencvenus dans ce temps-là, comme on n’auroittrouvé aucun ergo dans leurs tragédies, ils au-roientpafîe pour des ignorans, Sc par consé-quent pour des hommes de peu d'eíprit. Heu-reux notre siecle de penser autrement! (*)ARISTOXÉNIENS, (Mufij.) secte quieut pour chef Aristoxene de Sarente , disci-ple d’Aristote, Sc qui étoit opposée auxPythagoriciens fur la mesure des intervallesSc siir la maniéré de déterminer les rapportsdes sons ; de forte que les Aristoxéniens s’enrapportoient uniquement au jugement del’oreille & les Pythagoriciens à la précisiondu calcul. Voye^ Pythagoriciens. ( S)
L’auteur a cru pouvoir semer ici quelques morceaux de ['ouvrage de M. Deflandes, qui fontenviron la dixieme partie de ce long article ; le reste est un extrait substantiel 6t raisonné de Ihistoirelatine de la philosophie de 8rucher; ouvrage moderne estimé des étrangers , peu connu en France , &tdont on a fait beaucoup d’usage pour la partie philosophique de l’Encyclopédie, comme dans YarticleArabes , ôt dans un très-grand nombre d’autres, ARITHMANCIE