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7. Tome septième [CHA - CHR]
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voient être dans fà dépendance ; il la mit idans celle de toutes. Il prodigua les ri-chesses & les récompenses pour élever 6cpour maintenir des fabriques 6c des ma-nufactures fastueuses. Il n'avoit pas lesmatières premieres; il en provoqua 1 dm-

Í ortation de toutes ses forces, 6c prohibaexportation de celles du pays. Ce toitfaire un traité tout à l’avantage des étran-gers ; c'étoit leur dire , je m’impoíè l'obli-gation de consommer vos denrées, 6c dene pouvoir jamais vous faire consommerles miennes. C’étoit anéantir ses richessesnaturelles, la culture 6c la populationde fes provinces , pour multiplier enmême proportion toutes ces choses à leurprofit.

On conviendra que quand des vain-queurs auroient dicté ces conditions, ellesn’auroient pat -été plus dures à celui quiles auroit reçues.

On voit quelles peuvent être les suitesd J un pareil système, par l’exempîe de laSardaigne íi riche 6c si florissante, lorsqueAristhée lui donna des lois. Les Carthagi-nois défendirent, fous peine de mort, auxhabitans de cette île de cultiver leurs terres.Jamais elle ne s'est repeuplée depuis ; 6cTon fait que c’est par une vue d'administra-tion semblable que les Anglois dominenten Portugal, 6c que ce royaume ne íèmblepofleder que pour eux les thrésors du nou-veau monde.

Les fruits de cette police en Franoe nemontrent pas moins combien elle peut êtrefuneste. Pendant tout le ministère de Col-bert, le prix des grains ne cessa de dimi-nuer jusqu a ce que, ne suffisant plus pourrembourser les frais de leur culture, onfinit par en éprouver la disette.

Il fit tout ce qu'il put pour réparer cemal; mais il ne fit pas ce qu'il devoit, ilpersista dans ses principes ; des diminutionsfur les tailles, des encouragemens accor-dés à la population 6c à ^agriculture neréparèrent rien. Qu’aurqient fait les pro-priétaires des denrées qufils auroient re-cueillies ì Elles étoient fans débouchés,conséquemment sans valeur. Les engager àles cultiver, cetoit les engager à devenirplus pauvres de toute k dépense de k cul-

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Une faute de cette eípece ne reste pointisolée, il faut que toutes les branches def administration s’en ressentent. Je nriabs-tiendrois de retracer l’enchaînement demalheurs qui suivirent celle-ci, si je necroyois pas qu'il est utile de les connoî-tre pour les éviter, 6c si bailleurs ilsavoient moins de rapport avec le sujet queje traite.

Les richesses naturelles anéanties, lessujets se trouvèrent hors d'état de suppor-ter les impôts nécessaires; le gouvernementfut obligé de recourir aux créations derentes 6c d'offices, à la multiplicité desdroits fur les consommations qui les dimi-nuent d’autant, aux emprunts, aux trai-tans, 6c à tous ces expédieras destructeursqui désolent le peuple 6c ruinent les em-pires.

Colbert lui-même consomma les revenus-par anticipation ; 6c les progrès du mal qu'ilvit commencer, s’accélérerent dans un teldegré de vitesse, qucn 171 /, trente-deuxans seulement après fa mort, les principauxrevenus de Fétat se trouvèrent engagés à per-pétuité , Fexcédant dépensé par avance surplusieurs années, toute circulation détruite,les maisons de la campagne en masures, lesbestiaux morts, les terres en friche, 8cle royaume inondé de toutes fortesd'exacteurs qui avoient acquis, fous lestitres les plus bizarres, le droit d'oppri-ìner les peuples fous tous les prétextes pos-sibles.

Je l’ai déjà dit, c’est à regret que je re-trace çe tableau. Je ne refuse point à ceministre le tribut de reconnoissance que luidoivent les arts & les lettres ; mais je puisrefuser encore moins celui que l'on doit àla vérité, quand de ion témoignage dépendle bien public.

Sans le trafic de ses vins, & quelquesmanufactures grossières que Colbert mé-prisoit, qui fait dans quelle situation ,plus déplorable encore, la France eût étéréduite ì

Ce qui prouve que ses établissemens decommerce étoient ruineux, c'est qu'aprèsfa mort, dès qu'on cestà de dépenser pourles soutenir, la plupart s'ecroulerent 6c nepurent subsister.

Sully qui ne voyoit k gloire de son

maître