Band 
9. Tome neuvième [CON - CRI]
JPEG-Download
 

CON

prétextes , doit avoir celui du bon ordre ;ce qui consomme infiniment moins le pays,que si on l’abandonnoit à l’avidité des offi-ciers & cavaliers , en les laissant les maîtresd’enlever les grains indifféremment où ilsles trouveraient, & fans ordre ni réglé.

Celle des fourrages est de même ; il fautseulement observer que cette impositiondoit être faite -en temps commode pour lesvoiturer dans les lieux où l’on a résolu deles faire consommer par les troupes.

Celle des viandes ne doit se faire , s’ilest possible , que sur le pays où l’on ne peutfaire hyverner les troupes , afin qu’elle neporte pas de disette dans celui où seront lesquartiers d’hyver. Le prétexte en doit êtrecelui de la discipline , difficile à conserverlorsque farinée manque de viande ; & leprofit du prince est la diminution de la four-niture qu’il en fait à ses troupes.

Les voitures, tant par terre que par eau,s’exigent pour remplir les magasins de mu-nitions de guerre & de bouche faits dans lesderrières, ou pour la conduite de la grosseartillerie & des munitions devant une placeassiégée , ou pour le transport des malades& des blestês , ou pour l’apport des maté-riaux destinés à des travaux.

Les impositions de bois se font ou pourdes palissades, ou pour la construction descasernes ou écuries , ou pour le chauffagedes troupes pendant l’hyver.

On assemble des pionniers , ou pour for-tifier des postes destinés à hyverner destroupes , ou pour faire promptement deslignes de circonvallation autour d’une placeaffiégée , ou pour la réparation des chemins& ouvertures des défilés , ou pour la cons-truction des lignes que l’on fait pour couvrirun pays & l’exempter des contributions ,ou pour combler des travaux faits devantune place qui aura été prise.

L’ustensile pour les troupes se tire sur lepays de deux maniérés : les lieux où elleshy vernent effectivement ne la doivent pointfournir , autant qu’il se peut, que dans lescommodités que le soldat trouve dans la mai-son de son hôte , supposé qu’il n’y ait ni nepuistè y avoir de casernes dans ce lieu :mais en cas qu’il y ait des casernes, il fautque la contribution en argent soit compenséeavec ces commodités, & par conséquent

CO N 317

moindre que celle qui se Ieve sur le plat*pays, ou dans les villes où il n’y a point detroupes logées.

La contribution en argent doit s’étendrele plus loin qu’il est possible.

On l’établit de deux maniérés : volontai-rement fur le pays à portée des places &des lieux destinés pour les quartiers d’hyver ;par force, soit par farinée même lorsqu’elleest avancée , soit par les gros partis qui enfont détachés pour pénétrer dans le paysqu’on veut soumettre à la contribution.

Elle s’établit même derriere les placesennemies & les rivières par la terreur, soitpar des incendiaires déguisés qui sement desbillets, soit parles différentes maniérés donton peut faire passer des rivières à de petitspartis , qui doivent s’attacher ou à enleverquelques personnes considérables du pays ,ou à brûler une grosse habitation.

En général il doit être tenu des états detoutes les sortes de contributions qui selevent;& le prince doit avoir une attentionbien grande sur les personnes qu’il en charge,parce qu’il n’est que trop ordinaire qu’elîesen abusent pour leur profit particulier. Mé-moires de M. le marquis de Feuquiere. (Q)

CONTRITION,f. f .(Theol.) vient duverbe conterere , qui signifie broyer , briser.C’est une métaphore empruntée des corps ,pour marquer l’état d’une ame que son re-pentir déchire & pénétre de la plus vive dou-leur : ce que les coups redoublés d’un mar-teau font fur le fer pour l’amollir , la dou-leur le fait , pour ainsi dire , fur famé pourla convertir.

Ce terme est affecté à la religion , pourexprimer le sentiment de famé qui revientde ses égaremens , & qui passe de l’état dupéché à celui de la grâce ; & il est consacrépar le langage des écritures: Scinditecordavejlra , Joël xj , vers. 13. Cor contritum &humiliatum Deus non despicies. Ps. 5 o.

Le concile de Trente ,sess. 14. ch. jv ,définit ainsi la contrition en général : Con-tritio eflanimi dolor ac detefiatio de peccatocommijso , cum propofito non peccandi decœtero; définition qui convient à la contri-tion , telle qu’elle a été nécessaire dans tousles temps pour obtenir la rémission despéchés. Mais fous la loi évangélique elleexige de plus le vœu de remplir tout ce qui