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Justice Lr au gouvernement de l’état en g'-néral.
Pour juger encore mieux de l’importancede cette place , & avoir une juste idée deses fonctions, il est nécessaire de remontermême au-delà de son premier établislèment;d’expliquer quels étoient anciennementchez les Romains & en France, les diversofficiers dont le contrôleur général réunitles fonctions , & les changemens qui fontarrivés dans l’état de cette place.
Jusqu’à l’empire d’Auguste , la recette &l’administration des finances étoient con-fiées à des questeurs appellés quafiores ccra-rii , qui furent d’abord choisis entre les sé-nateurs. Le nombre de ces officiers s’étantdans la fuite beaucoup accru , on surnommaurbain les deux qui étoient de la premierecréation ; d’autres provinciales , parcequ’on leur donnoit le gouvernement dequelque province; d’aurres mi h tares , parcequ’ils accompagnoient les consuls à l’armée.
Les uns & les autres étoient encore char-gés de différentes fonctions ; telles que l’ins-pection des monnoieS , la connoistànce descrimes & des confiscations ; la garde desregistres publics & des arrêts du sénat ; lesoin de loger les ambassadeurs & de les re-conduire hors de la ville ; enfin cette placeembrastòit tant de fonctions importantes ,qu’elle conduifoit aux premieres dignités del’état.
Ils avoient près d’eux des scribes ou con-trôleurs desfinances que l’on choisissoit entreles personnes d’une fidélité reconnue , telle-ment que ceux mêmes qui avoient été con-suls tenoient à honneur de remplir cetteplace.
Du temps de Néron, on ôta aux questeursla garde du trésor public & des registres ,pour la donner à des préfets qui avoient étépréteurs. On appella le préfet du trésor oudes finances prcêfeclus ccrarii ; il y en avoirun particulier pour les vivres , appellé prx*feclus annonce.
Sous Constantin & ses successeurs , lespréfets prirent, comme tous les autres of-ficiers del’empire, le titre de comités , d’oùl’on a fait en notre langue celui de comte :il y en avoit trois pour les finances.
Le premier & le plus considérable quiavoit le titre de cornes fiacrarum largitio-
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niim , étoít le gardien des deniers publics,& le dispensateur des libéralités que leprince faisoit sur ces deniers.
Le second appellé cornes rerum privata-rum , avoit soin des biens particuliers duprince , c’est-à-dire qui lui étoient propres *& qui paííòient à ses enfans par succes-sion.
Le troisième enfin appellé cornes fiacripatrimonii , avoit la surintendance des re-venus que l’état donnoit à l’empereur pourl’entretien de fa maison , & pour soutenird’une maniéré convenable la dignité impé-riale. Voye\ F article COMTE.
Le gouvernement des finances étoit ainsidistribué chez les Romains , lorsque nosRois jeterentlesfondemensdela monarchieFrançoise; ils n’établirent pour les financesaucuns officiers fous les titres de quefleurs ,ni de préfets ou comtes ; mais comme lesempereurs avoient pour le gouvernementde leur maison un premier officier appellémagister palatii , les Rois de la premiere& de la seconde race établirent à leur imi-tation un maire du palais , lequel réunis-soit en sa personne la surintendance desarmes, celle de la justice, & celle desfinances.
II avoit fous lui pour la garde du trésor,c’est-à-dire des revenus du domaine , untrésorier royal dont il est fait mentiondans Grégoire de Tours , lib. I.
Au commencement de la troisième race,la dignité de maire du palais fut supprimée,& sa fonction partagée entre trois différonsofficiers. Le connétable eut le commande-ment des armes , le chancelier la surinten-dance de la justice , & le trésorier celledu trésor ou domaine qui íormoit alors leprincipal revenu du Roi.
II y eut un temps que le trésor du Roiétoit déposé au temple où plusieurs de nosRois faifcient leur demeure , entr’autresPhilippe-le-Bel. La garde du trésor étoitalors confiée à un des chevaliers templiers ,qui fe qualifioit trésorier du Roi au temple.
II n’y avoit d’abord qu’un seul trésorierdu Roi : dans la fuite il en fut établi un se-cond , puis un troisième , & par successionde temps le nombre en fut encore augmenté.
Celui qui étoit au-dessus des trésorierss’appelloit le souverain des trésoriers ;
Tt a.