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nions. C’est une espece de chronologie auílìintérestànte pour l’histoire de la médecine,que pour celle de l’espric humain ; on y dé-couvre les vues précieuses de nos prédéces-seurs , & les traces des efforts qu’il ontfait pour perfectionner notre art & toutesfes branches: c’est-là la source pure desdif-férens systèmes ; ils s’y présentent tels qu’i'sfurent dans leur naiiíànce. Semblable auxanciens temples dans lesquels on confacroitles observations & les découvertes en mé-decine , la faculté de Paris conserve le dé-pôt sacré que ses illustres membres lui ontconfié ; & -il seroit à souhaiter que tou-tes celles de í’Europe I’imitassent à cetégard.
Or parmi les thesestrop peu connues,qu’ona soutenues à la faculté , & qui ont quel-que rapport au système des crises , j’en choi-lis une qui est antérieure à tous les ouvragesdes modernes dont je viens de parler , &dans P quelle on trouve la doctrine des crisesexposée avec beaucoup de précision & declarté. Cette these a pour titre : An à rectacrifium doclrinâ & obfervatione medicinacertior ? savoir fi la saine doctrine descrises & leurs observations rendent la mé-decine plus certaine. Année Elle a
été soutenue sous la présidence de M. Mur-ry , qui en est fauteur ; & on voit qu’elle abeaucoup de rapport avec le programme deTacadémie de Dijon.
M. Murry , après avoir fait quelques ré-flexions fur l’importance de la doctrine descrises & fur la maniéré dont elle a été arrêtée& pour ainsi dire ensevelie par les différenssystèmes, en fait une exposition tirée d’Hip-pocrate & de Galien. II insiste beaucoupaprès Proíper Martianus & Petrus Casteilus,fur la nécessité qu’il y a de ne point compterscrupuleusement les jours naturels dans lesmaladies ; il fait voit qu’il faut s’en tenir auxredoublemens, & qu’en suivant exactementleur marche , on trouve son compte dansle calcul des anciens : ce qui fournit eneffet de très-grands éclairciffemens,& qui estconforme a f avis de Celle,qui étoit ennemidéclaré des jours crítiques.D’ailleurs la thesedont il est question, est pleine de préceptessages&de réflexions très-fensées.En un mot,on doit la regarder coutume un abrégé par-fait de tout ce que les anciens ont dit de
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mieux fur cette matière, & on y trouvebien des remarques qui font propres à i’au-, teur.
j Cette these qui manquait à M. Normand,'
; a beaucoup servi à M. Aymen , qui a eu laprécaution de la citer. II en a tiré notam-ment trois remarques particulières. Enpremier lieu , une observation rare faitepar M. Murry , & conforme en tout à laloi d’Hippocrate ; cette loi est conçue en cestermes : In febrihus ardentibus oculorumdiftorfio , au t cœcitas , auttefiium tumores 9aut mammarum elevatio 3 febrem ardentemfoin i t : " La fievre ardente peut se terminer„ par le dérangement du corps des yeux,,» par la perte de la vue, par une tumeur» aux testicules , ou par l’élévation desn mammelles».L’auteur de la these a préci-sément vu le cas de la tumeur au testicule &de la perte de la vue , & il a cité Hip-pocrate , dont il a eu'le plaisir de con-fronter la décision avec fa propre obser-vation. La deuxieme remarque que M. Ay-men a pu extraire de la these dont il estquestion , regarde le docteur Clifton Wi-tringham , qui a observé pendant seizeans les maladies des habitans d’Yorck ,& le changement des saisons ; qui a dé-couvert que les maladies suivoient exac-tement les mouvemens de la liqueur dubaromètre , & qui s’est convaincu que cesmaladies étaient semblables à celles de laGrece. Enfin la troisième observation estune idée très-lumineuse de M. Duverney ,médecin de la faculté de Paris , qui sou-tint dans une these en 1719 , qu’il y avoirbeaucoup d’analogie entre la théorie descrises & celle des périodes des maladies ;magnam cum perìodis affinitatem habet cri -fium theoria ; fi enim ftati fiant morborumdecurfns y cur non & fol u nones ? Cesoncautant de matériaux pour l’éclairciílementde la doctrine des crises.
II y auroit bien des réflexions à fairefur tous les ouvrages dont je viens de par-ler ; je les réduis à trois principales. i°.On ne peut qu’admirer la sagesse de tousces auteurs modernes , qui se contententd’admettre la doctrine des crises comme untistu de phénomènes démontrés par l’ob-servation ; ils ne rappellent qu’avec unesorte d’indignation les explications que les,