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9. Tome neuvième [CON - CRI]
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remèdes ; on devient en calculant, ti-mide , temporiscur , indéterminé , &par conséquent moins utile à la so-ciété : sa nature a ses lois ; mais onne lis compte pas, on ne íàuroit lesclasser.

Le véritable médecin , diront encore lesanti-critiques , est Phomme de génie quiporte un coup cToeil ferme & décidé fur unemaladie ; la nature & le grand usage Pontrendu de concert propre à fe laisser empor-ter par cette forte d’enthousiasme , si peuconnu des théoriciens : il juge des tempsd’une maladie , pour ainsi dire , fans s’enappercevoir ; il peut avoir appris tout ceque la théorie enseigne , mais il n’en faitpoint usage , il P oublie, & il se déterminepar Phabitilde & comme malgré lui ; tel estle praticien. Que la maladie soit organiqueou humorale , qu’elle soit un effort salutairede la nature ou un bouleversement de sesmouvemens, que la crise se prépare ou cju’ellese faste , que le redoublement soit pair ouimpair , P état présent décide le véritableconnoisseur ; les symptômes le déterminentà se preílêr ou à attendre : il vous dira , cemalade efl mal, & vous devez í’en croire ;celui-ci ne risque rien , & Pévénement jus-tifiera pour l’ordinaire son prognostic : sivous lui demandez des raisons , il n’en sau-toir donner dans bien des occasions ; c’estdemander à un peintre pourquoi ce tableauest dans la belle nature , & au musicien lesraisons de tous ces accords mélodieux quienchantent Poreille. Le praticien qui cher-che clés raisons peut s’égarer, parce qu’alorsson génie ne le guide plus ; les expressionsdoivent lui manquer, parce que le sentimentne s’exprimepas; l’enfemble des simptomesPa frappé , fan s qu’il puisse vous dire com-ment ; apprenez à voir, s’écrie-t-il, veni &vide. Le goût, le talent & Pexpérience ,font le praticien ; le goût & le talent nes’acquièrent pas ; Phabitude & Pexpériencepeuvent y suppléer jusqu’âun certain point :Phabitude apprend à connokre les maladies& à en juger , comme elle apprend à con-noître les physionomies & les couleurs : lesréglés, quelles qu’eîles soient, restenttoujours dans P espace immense des généra-lités ; & ces généralités qui peuvent peut-être être utiles à celui qui apprend Part,

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font certainement très-inutiîes pourceluïqui Pexerceactuellement ; elles Renseignentrien de déterminé,rien de réel, rien d’urnel,’.nescant , non pascunt. Voye\ Méde-cine.

On voit par tout ce que je viens de dé-! tailler fur les crises , fur les jours critiques ,& fur la maniéré dont chaque parti soutientson opinion dans cette forte de controverse,combien elle est importante & épineuse. Jefinirai cet article en exhortant tous les mé-decins qui font sincèrement attachésaux progrès de Part, à ne pas négliger lesoccasions & les moyens d’éclaircir tou-tes ces questions : il s’agit de savoir &de décider par Pobservatíon , s’il y adas crises dans les maladies ; si ellesont des jours déterminés , ou s’il y a desjours vraiment critiques, & d’autres qui nele font pas , si supposé qu’il y ait descrises , il faut les ménager & les attendre ;si les remedes dérangent les crises , & com-ment & jufqu’à quel point ; s’ils les retar-dent ou s’ils les accélèrent , & quels fontles remedes les plus propres à produire ceseffets , s’il y en a ; s’il y a dans les mala-dies des jours marqués pour appliquer lesremedes , & d’autres dans lesquels on nedoit rien remuer , nihil movendum ; si &en quel sens, & jusqu’à quel point il estutile ou nécessaire de regarder une maladiecomme l’effort salutaire de la nature dela machine , ou comme aussi opposée àla vie & à la nature qu’à la santé ; si lasûreté du prognostic d’un médecin qui sau-toir prévoir les crises , est d’une utilitéréelle ; si un praticien sage & expérimen-té qui ne connoît pas la doctrine des cri-ses , ne fera pas porté , en suivant les symp-tômes , à agir comme s’il savoir I’histoiredes crises ; s’il est indifférent d’attendre lescrises ou de ne pas les attendre ; enfin siun médecin expeclateur ne seroit point aussisujet à se tromper , qu’un médecin actif ouqui se preste un peu.

J’ai dit qu’il faudroit décider tous lesproblèmes que je viens de proposer parPobservation , ce qui exclut d’abord lesidées purement hypothétiques , qui ne sau-roient avoir lieu dans des matières de fait :non point qu’il faille renoncer à toute fortede système pour expliquer les crises ; ou*