EN DIFFÉB.ENS PAYS. 49
le matin jusqu’au soir ne fait qu’enseigner àdes étudiants les éléments de différentes scien-ces, puisse jamais devenir un savant, & en-core moins un homme de goût. Tout le mé-rite de ces professeurs ne consiste donc qu’aavoir de bons principes & de bons éléments,& à savoir exactement toutes les soudivilionsdes sciences qu’ils professent. II est vrai quecela suffit pour la jeunesse qui vient prendredes leçons chez eux; mais cela ne suffit paspour eux-mêmes, & encore moins pour l’airqu’ils affectent : car tous ces professeurs cro-yent être les premiers fa vans de l’Europe,& veulent passer pour tels, se mocquant har-diment de tous les ouvrages des vrais savantsdes autres nations, qu’ils mettent fort audes-sous de leurs abrégés. Dans leurs gazettes lit-téraires ( car il n’y a presque point d’univer-sité protestante qui ne fasse des gazettes' lit-téraires ) ils donnent au génie le titre d'ex-travagance, & à l’esprit celui de faux-brillant ;& il est bien naturel que des gens qui fontesclaves d’un certain nombre de règles, dedéfinitions, de divisions, regardent commedes extravagants tous ceux qui s’élancent au-delà de ces bornes. Les préceptes font faitspour les hommes qui n’ont pas de génie, afin
D