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Voyages
violent qu’ils appellent bile. Quand nouefumes à une certaine hauteur, nous entrâmestous au cabaret qui n’avoit qu’une chambre& qu’une écurie. Les chevaux qui avoientle plus souffert dans cette montée, furent pla-cés dans la chambre, où il y avoit un grandpoêle, pêle mêle avec les hommes : j’avoi*.grande envie de manger ; mais je n’y trou-vai que du pain gelé ; & l’on ne m’avoit pasaverti à Bormìo de prendre quelques provi-sions avec moi, parceque les gens de ce paisfont accoutumés à traverser la montagne fansfe restaurer en chemin. Après nous être re-posés environ une heure, nous continuâmesnotre route. A mesure que nous avancions,le vent devenoit jilús violent & la neigeplus forte : de ce côté, la route étoitbeaucoup plus difficile, la montagne plushaute , les rochers, les précipices, les val-lées plus fréquents , les mulets & les che-vaux perdoient toutes leurs forces, les uns plu-tôt les autres plus tard : je fus obligé de des-cendre du mien, &c d’aller à pied : bien desmuletiers avoient été obligés de déchargerleur mulets & de laisser leurs marchandisesen arriéré fous la neige, ce que ces gens fontsouvent dans le cas de faire tant en hiver,