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Tome premier.
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16a Voyages

trop grandes. L’Histoire a pu vous appreti-dre, me difoient-ils, que les richesses exces-sives, bien loin de rendre un état heureux*ne font que hâter fa ruine. L’Etat pauvrede Lacédémone à subsisté plus long tems quel’opulente république d’Athenes, qui, malgrétoutes fes richesses, ne puts’empêcher de tom-ber fous le joug des Lacédémoniens. Lesimmenses richesses des Romains les firent d’a-bord tomber fous la tyrannie des empereurs& ensuite fous le joug des difíercntes nationsdu nord, les plus pauvres qui fussent alorsdans ^univers. Tous les états de la terre*comme toutes les choies de ce monde, fontsujets à d’éternelles révolutions ; mais ceu»qui touchent de plus près ù l’état du plusgrand bonheur où ils puissent atteindre, fontauffî le plus près de leur ruine r dès qu’ils nepeuvent plus monter , il faut qu’ils descen-dent ; & la descente l'e fait le plus souventpar une chute précipitée, au-lieu que l’on nsmonte que par dégrés à insensiblement. Lesraisonnements font usés; mais l’applicationen est intéressante. Les grandes richessesfont surtout pernicieuses aux états républi-cains. Examinez la marche de toutes les Ré-publiques que nous connoissons par l’histoire,