Voyages
14
jugez quel effet cette jouissance doit produire•dans celles qui ne se regardent qu’avec in-différence. J’étois, l’autre soir , à un repa*que la princesse de .... a donné à unmarquis & à une marquise qui s’étoient ma-riés le jour précédent : la marquise qui pen-dant tout le repas ne jetta pas seulement unclin d’œil sur son mari qui est cependant untrès - beau & trés - aimable jeune homme,demanda, à la princesse où étoit un tel gen-.tilhomme qui avoit diné, il y avoit quel-ques jours, chez elle : la princesse lui répon-dit qu’il avoit été obligé d’aller à Frafcatìchez un ami, & que fans cela, il auroit étédu souper. La marquise répliqua là dessus :je fuis bien fâchée que ce Monsieur ne soitpas de la partie : c'eji un fort aimable hom-me ; & je vous prie , princejfe, de nie fairefaire un peu mieux fa connoiffance. C'est làà-peu-près Peffet de tous les mariages con-certés par les parents. Ajoutez à cela la mo-rale diabolique & la mauvaise religion qu'en-seignent les moines Italiens. Je fus présent,l’autre jour à un dialogue d’un Jacobin aveôla marquise dont je viens de vous parler ;le pere de cette dame avoit envoyé cher-cher ce moine pour l’examiner , avant qu’elle