j?o Voyages
vient bientôt à bout de ses desseins. Cela nemanquera certainement pas d’arriver encoreici ; & les édits menaçants, au lieu de répri-mer , ne font qu’aigrir les esprits. II y a desnations où les hommes en place font pris pource qu’ils font & non pour ce qu’ils valent.Mais les peuples de ces contrées ont une fa-çon de penser toute différente. Depuis Flo-rence jufqu’à Palerme les gens ne s’en laissentpas imposer par les rangs, par les habitsriches, par les gros ventres , par les équi-pages , par le bâton : ils apprécient au con-traire , chacun à fa maniéré , le mérite desministres, & même des princes; ils exami-nent & censurent toutes leurs actions & tou-te leur conduite ; ils font plus encore ; carils prétendent les sonder jufqu’au fond de leurame. Je me rappelle qu’en Allemagne aucunBourgeois, même aucun de ces Bourgeoistitrés, de ces conseillers de la cour , de cesconseillers de justice, dc ces conseillers deguerre &c. n’a jamais su me donner la moin-dre idée du mérite, de la capacité, de laconduite des membres du ministère : c’estbien autrement ici : tout le monde, depuisle premier courtisan jusqu*au dernier lazzaron,se mêle d« les juger : & il est bien juste à