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LETTRE DIX-HUITIEME.
Naples le i%. Oclobre iJJ$.
JLes habitans de tous ces pais, auífi beaux& auíîì fertiles que j’ai eu l’honneur de vousle marquer dans ma précédente , languissentpourtant dans une misère , dont il est diffi-cile de se former une idée , à moins d’avoirété fur les lieux. Bien des philosophes moder-nes font dans l’opinion que cela vient du cli-mat , & que la trop grande chaleur des païsdu midi y doit rendre nécessairement les hom-mes paresseux , & étouffer en eux toute acti-vité & toute industrie. Quant à moi , je fuistrès-éloigné de leurs sentiments, & je croisavoir pour moi l’expérience & l’hiítoirc. Sila prétention de ces philosophes étoit vraie,l’Italie n’auroit jamais été cultivée ; elle n’au-roit jamais été la maîtresse de l’univers : lesNapolitains & les Siciliens en particulier au-roient toujours été les peuples les plus mal-