EN DIFFBR.ENS PAYS. loZ
d’hui que des déserts, des forêts, des restesde villes détruites, d’autres villes qui dépé-rissent à vue d’œil, des bourgs qui ressem-blent à des retaites de bêtes féroces, des trou-pes de bandits, de pauvres païlans hâves &défaits qui paroissent mourir de faim fur lefol le plus fertile de fa nature. La Sicile quiau rapport de Pline, rendoit autrefois le cen-tuple de la semence, & où il y avoit desterres qui produifoient du bled & d’autresgrains, fans être labourées, s’il en faut croireHomere & Diodore originaire de ce pais, nerapportent pas aujourd’hui, dans les endroitsmême qui passent pour les plus abondants ,la moitié de ce qu'elle rapportoit ancienne-ment : car les païfans qui sentent qu’il neleur serviroit de rien de tirer de la terre plusqu’il ne leur en faut pour vivre , la labou-rent iì peu , que souvent ils viennent à man-quer même du nécessaire. Le nombre desvasseaux qui ont droit de désoler ainsi les étatsdu roi, monte à neuf cent trente-cinq, donttrois cent soixante - huit saccagent la Sicile.Dans cette multitude il y a cent dix - neufprinces, cent cinquante-six ducs, cent soi-xante-treize marquis, quarante-deux comtes& quatre cent quarante-cinq barons, Ce qu’il
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