V OYAGESf
124
Quand j’ai vu, pour la premiere fois , l’é-glife de Ste. Claire dans cette derniere ville,j’ai cru entrer dans une salle destinée à desfestins. Les hôtels de la noblesse frappent lavue par leur grandeur ; mais ils choquent legoût par leurs défauts en fait d’architecture tles voitures des personnes aisées font riches;niais il n’y a gueres que des voitures cou-pées, & pas trois beaux carrosses de parade ;les avocats, les marchands, la noblesse, en-fin toutes les personnes d’une certaine condi-tion & tous ceux qui veulent s’élever au des-sus du peuple, font obligés d’avoir des voi-tures bien peintes. & bien dorées , de beauxchevaux, quantité de domestiques & une su-perbe chaise â porteur, dont les dames sefervent le jeudi & le vendredi de la semainesainte. La plupart de ceux qui ont équipage,se font précéder par des coureurs : les prin-cipales familles en ont quatre & même six :la nuit, chaque coureur porte un flambeauà la main , ce qui, dans les rues les plus fré-quentées par les carrosses, fait un très-beleffet. Les domestiques ont ordinairement deuxfortes de livrée, dont l’une est très-riche ,& l’autre très-vilaine : celle-ci sert pour tousles jours, & l’autre pour les jours de solem-