Band 
Tome second.
Seite
140
JPEG-Download
 

r 40 Voyages

més des hommes qui vont en ville & de ceuxqui en reviennent en troupe. Ce bruit aug-mente à mesure que vqus avancez ; & quandvous n’êtes plus qu’à une demi - lieue de laville, vous entendez tout à la fois le tinta-marre du dehors & le fracas du dedans. Vousvous imagineriez que le peuple le plus vifde la terre célèbre ce jour-là une fête extra-ordinaire : c’est cependant l’hiftoire de tousles jours depuis l’aurore jusqu’à, minuit. Onne volt rien de pareil dans les villes, les plusgrandes & les plus peuplées de l’Europe àl’occaíìon de leurs plus grandes solemnités.Vous avez vu à Paris , les derniers jours dela semaine sainte , les promenades à Long-champ : le bruit des carroflfes, des gens à pié& à cheval, que vous avez entendu alors,n’esi qu’un silence en comparaison de ce quise passe ici tous les jours.

La ville renferme , non pas six cent millehabitans, comme le dit un voyageur des plusmodernes, mais certainement trois à quatrecent mille : on diroit que ses habitans fonttoujours dans les rues & qu’ils crient tous àgorge déployée. Je crois qu’un homme cu-rieux pourroit bien aisément découvrir tousles secrets des gens qui vont à pied , s’il vou*