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Tome second.
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EN DIFFERENS PAYS. Ifl

Amalfi que je fus voir depuis , me surprit.Je n’aurois jamais cru qu’une ville si puissantepût tomber , en si peu de tems , dans un état sidéplorable. Dans le moyen âge Amalfi étoiíune république florissante qui faifoit des con-quêtes jusques dans Porient. Aujourd’hui ellen’est plus que le réduit des gens les plus pau-vres de toute cette côte, sujets d’un baron duroyaume, de la famille des princes Piccolo-minì. Son bord étoit fréquenté de tous les né-gociants de l’Europe , de P Asie, de P Afrique ;& aujourd’hui ce port & toute fa côte ne fontqu’un désert. Les Amalfitains ont autrefoisfondé plusieurs églises dans Porient : ils ontmême institué l’ordre de St. Jean de Jérusa-lem ; & à présent ils n’ont eux-mêmes qtànefeule église paroiffiale , & les moines qui pro-fessent la pauvreté pour l’amour de Dieu , &la fuient pour l’amour d’eux-mêmes, ont dé-serté de tous les anciens couvents de cette ville,de forte qtPil ne leur en reste que deux.

De retour à Salerne , j’y ai trouvé le prin-ce-qui eut la bonté de me prendre en fa

compagnie pour faire le voyage de la Calabre,où il possede de grandes terres. La Calabre estinfestée par des bandits qui font fort à crain-dre par leur nombre & par leur hardiesse. S’ijs