Band 
Tome second.
Seite
194
JPEG-Download
 

Voyages

194

aísise sur une colline dont le pied est arrosépar la mer du détroit de Sicile. Les environsfont des plus beaux que l’on puisse voir: ilsfont couverts d’orangers, de citroniers, demûriers & de vignobles : fur les côtes on trou-ve un coquillage qui donne de la laine qu’onappelle latia fucìdti , dont on fait à Reggiodes gants & des bas. La foie qui est réputéela meilleure de toute la Calabre , fait le prin-cipal revenu de cette ville ; mais le ministè-re de Naples entend si bien les finances &l’économie publique, qu’il a chargé d’impôtsexcessifs les terreins plantés dé mûriers, lesfeuilles de cet arbre & la foie même : ce quifait que les habitans en négligent la cultureau point, qu’au lieu de planter ou de semerde n'ouvaux arbres , ils ne fe soucient pas mê-me de remplacer ceux qui meurent. II estvrai que le terrible inventeur des impôts, quifont tant murmurer les Napolitains, le mar-quis de Squillace , fut éloigné des finances ;mais on s’est contenté d’éloigner Pinventeur,& on a gardé Pinvention. Dans les campa-gnes des particuliers j’ai vu des cannes de su-cre ; niais en fi petite quantité, que les pro-priétaires m’ont paru vouloir plutôt faire l’é-preuve de la bonté du climat & du fol, que