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la même expérience que moi , m’ont assuréque j’avois raiíon ; & que les voyageurs quifont des livres, raisonnent des fruits de Na-ples d’après ce qu’ils oroyent qu’ils devroientêtre dans ce beau climat, & non d’après leurpropre sensation. Les Napolitains font les plusgrands mangeurs de fruits que je connoisse :des centaines d’ânes & de barques en appor-tent, dans cette ville, tous les jours ; ârtousles soirs , cette immense provision se trouveconsommée; mais il ne faut pas en conclure,que leurs fruits soient bons. II faut fe bornerici aux fruits, aux légumes, aux pâtes blan-ches , parce que la viande ne vaut rien , &que cette viande coriaíTe est plus indigestedatts les pais chauds qu’ailleurs. II n’y a quele veau de Sorrento qui soit excellent ; maison ne peut pas toujours manger du veau ;& les trois quarts des Napolitains ne font pasen état d’en faire leur ordinaire, parce qu’ilest trop cher. Dans la saison des mêlons , iln’y a pas jusqu’aux Lazznróns qui ne s’en ré-galent; mais ils ne laissent pas d’être très-mau-vais. Au mois d’Octobre & de Novembre ona les melons verds , qu’on appelle Turques :les voyageurs trouvent que c’est ce que la na-ture a produit de mieux en fait de melons;