V OYAGES
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ma curiosité. Mais après bien des recherches& des diligences, j’allois toujours rejoindrenotre bateau tout éfoufflé & tout confus : carce que j’avois pris de loin pour des restes devilles , se trouvoit être de près des masuresde quelques misérables maisons de p alfa n stombées en ruine ; & les antiquaires que jetrouvois dans les couvents , étoient des frétésco n vers qui me donnoient des nouvelles desterreins , qu’ils faisoient valoir. Ainsi tout ceque j’en appris, fut, que toute cette côteest en proie aux barons & aux couvents : car,me diíoient-ils, cette partie de la Calabre estplus fertile que la partie occidentale , tant àcause des vents du midi qui y règnent, qu’àcause des fréquens ruisseaux qui l'arrosent.C'est pourquoi les barons, après s’étre ruinésà Naples, à Cofenza, à Catanzaro par lejeu & par les femmes, viennent s’établir ici,& foulent leurs vassaux de toutes les manié-rés, pour fe remettre en état d’ailer jouir denouveau d u luxe des capitales. Les ordres re-ligieux en font autant pour l'amoúr de Dieu &de leurs saints patrons. ,,‘Maisily a une grande,, différence , me disoit un de ces frères con-,, vers, entre couvent & couvent. Ccuxd’entre,, les différens couvents, qui ont des frétés laïcs