EN DIEFERENS PAYS. Sy?
nombre des ecclésiastiques : d’un côté il leura accordé des privilèges & des exemptionstrès -considérables, comme j’ai eu Thonneurde vous le marquer dans ma lettre précéden-te ; & d’un autre côté il a tenu les séculiersdans l’oppreffîon & dans la plus crasse igno-rance pour les empêcher de voir leurs maux& de s’en ressentir. La dureté avec laquelleJes vice -rois Espagnols traitaient la noblesseSicilienne, obligeoit les parents de faire pren-dre le froc & les ordres à la plupart de leursenfants, étant dans l’impossibilité de leur procu-rer d’autres moyens de subsistance ; & la super-stition , jointe à l’ignorance que ce mêmegouvernement y entretenoit , faisoit accroireà tout le monde , que Tétât ecclésiastiqueétoit celui qui conduisoit le plus aisément auciel. C’est par la même dureté du gouverne-ment Espagnol , que la Sicile se trouve inpn-dée d’une foule incroyable d’avoçats: carcomme les Espagnols donnoient toutes lescharges considérables, soit dans Téta t civil,soit dans Tétac militaire, à des gens de }eurnation , les nobles & les autres gens de quel-que condition , qui n’avoient pas de goûtpour l’état ecclésiastique, se saisissent avocats& procureurs , pour gagner leur vie; & cet-