EN DIFFERENS PAYS. ZOZ
dans la possession de leurs droits. Ces mo-narques durent trouver bien étrange qu’unprince ecclésiastique, qui possède presquetout ce qu'il a, en vertu de donations, quetousles bons historiens , tant François qu’Alle-mands, & l’abbé Muratorì lui-même, ontdéclaré non-seulement suspectes, mais évi-demment fausses , se fût avisé de ravir à lamonarchie de Sicile , des droits dont elle esten posseíïìo'n depuis si long-tems, fous prétextedu défaut d’authenticité d’une Bulle que toutle monde reconnoît pour très-authentique.
Les Napolitains & tous les autres peuplesde l’Italie ont mauvaise opinion des Siciliens.On entend répéter à tous les Italiens ce pro-verbe : omnes insulani mali, Siculi autempejfimi : savoir, tous les insulaires font médians ;mais les Siciliens font les plus médians detous. Des voyageurs modernes font au con-traire des éloges des Siciliens. Quant à moije fuis d’avis qu’on pourroit concilier les unsavec les autres. II y a parmi la grande noblessedes seigneurs d’une probité reconnue & d’unepolitesse extrême ; & ce font ces feigneurs-làqui se communiquent ordinairement ici auxétrangers: mais le gros de la noblesse infé-rieure , & ce qu’on appelle ici & à Naples