522
LE LIVRE
DE JOB
« 4 »
ARGUMENT.
* Ezéch,
J 4- M-Jacques
f. ii.
Job fut un homme illujìre par fa piété & par fa patience ; il vivoit vers le tems auquel lesenfans d'Israël étoìent en Egypte. On voit trois choses dans ce livre. I. Les affiliions de Job.2. Les entretiens qiiil eut avec ses amis , fur cette qucjlion , f Dieu afflige les gens de bien ence monde , sff f P adversité ejì une marque de fa colereì z. La fin des affilions de Job , §?son rétabliffement dans la prospérité. Ce livre efi écrit d'un fiyle figuré ,* niais il renfermede belles infiruBions ,* & nous devons sur-tout y remarquer les sentimens qu on avoit du temsde Job , fur les principales vérités fsj fur les plus importuns devoirs de la religion. Au refile ,le témoignage que Dieu rend k Job par le prophète Ezéchiel, en le mettant au rang desplus saints hommes , tels quêtaient Noé & Daniel , fffi ce que ! apôtre saint Jacques dit delui , confirment la vérité de cette histoire , sfi nous obligent a considérer avec d'autant plus$ attention ce qui efi contenu dans ce livre.
CHAPITRE PREMIER.
j I# ^ Le premier chapitre nous apprend trois choses, i. Quellesétoient la pieté & la prospérité de Job. 2. CommentII. 6. 19 . Dieu ,pour l'éprouver, & pour confondre les calomnies
de Satan, permit qu'il perdît tous ses biens & ses enfans.III20.LL» 3- La résignation avec laquelle il reçut toutes cesofficiions.
t y avoit dans le pays deHuts 1 ) , un hommedont le nom étoit Job.Cet homme étoit intégré& droit ; il , craignoitDieu, & il se détournoitdu mal.
2. II eut sept fils &
trois filles.
3. Et il possédoit sept mille brebis , troismille chameaux,cinq cents couples de bœufs,cinq cents ánefiés,& un grand nombre deserviteurs; & cet homme étoit le plus grandde tous les orientaux.
4. Ses fils alloient les uns chez les autres,ils se traitoient chacun à son tour, & ils en-voyoient auffi inviter leur trois soeurs, pourmanger & boire avec eux.
f. Ensuite, quand le tour des jours de leursfestins étoit achevé, Job envoyoit vers eux,il les pu-rifioit, & se levant de bon matin, iloffroit des holocaustes pour chacun d’eux.Car il disoit : peut-être que mes enfans au-ront péché, & qu’ils auront blasphémé con-tre Dieu dans leurs cœurs. Job en u soit tou-jours de la sorte.
6. Un jour que les enfans de Dieu 2)vinrent se présenter devant l’Eternel, Satanentra auffi parmi eux.
7. Alors l’Eternel dit à Satan : d’où viens-tu ? Satan répondit à l’Etérnel : je viens decourir çà & là fur la terre, & de m’y pro-mener.
1) Vers. 1. Dans l’Idumée, proche de l’Arabie. Larnent.4. 21.
2) Vers. 6. Les anges. Job ;8- 7.
ri/i'/ít*.
8- L’Eternel lui dit : n’as-tu point observémon serviteur Job, qui n’a point d’égal furla terre? C’estun homme intégré & droit,qui craint Dieu & qui se détourne du mal.
9. Satan répondit à l’Eternel: est-ce envain que Job craint Dieu ?
10. Ne l’as-tu pas environné de biens detoutes parts, fa maison, & tout ce qui luiappartient? Tu as béni l’œuvre de ses mains,A, son bétail s’est fort multiplié fur la terre.
11. Mais étends maintenant ta main, tou-che tout ce qui lui appartient, & tu verrass’il ne te maudit pas en face.
12. L’Eternel répondit à Satan : tout cequi lui appartient efi en ton pouvoir ; maisne mets point la main fur lui, Alors Satansortit de devant l’Eternel. .
13. Un jour donc que les fils & les fillesde Job mangeoient & buvoient ensembledans la maison de leur frere ainé,
i4..Un messager vint dire à Job : les bœufs la-bouroient, Sc les ânesses paissoient près de là,
1 f. Lorsque ceux de Scéba z) se sont jetésdessus, ils les ont pris,& passé les serviteursau fil de l’épée; je fuis échappé seul pour tele rapporter.
i< 5 . Cet homme parloit encore, lorfqu’unautre vint lui dire : le feu de Dieu est tombédes cieux, il a bridé les brebis & les servi-teurs, & les a tous consumés ; je fuis échappéseuj pour te le rapporter.
17. Cet homme parloit encore, lorfqu’unautre vint lui dire : les Caldéens divisés en.trois bandes, lé sont jetés fur les chameaux,& les ont pris ; ils ont passé les serviteurs aufil de l’épée, & je fuis échappé moi seul pouxte le rapporter.
18. Cet homme parloit encore, lorfqu’unautre, vint lui dire : tes fils & tes filles man-geoient & buvoient dans la maison de leur-frere ainé ,
3) Vers. 15. Les Sabéens, voisins du pays de Huts.