vj Avertissement.
medes que la religion leur présente : l’écorceen est rude & capable de les rebuter; il fautlever cette écorce , & les convaincre que lejoug de l’Evangile est doux & léger. II fautleur rendre sensible cette grande vérité; Qiiilefi plus aisé-, qu'il y a moins de peine à réglerses passions , qu'à chercher à les satisfaire. IIfaut leur faire toucher au doigt & à l’œil,pour ainsi dire, que quand même leur a meferoit mortelle, & qu’il n’y auroitrieu à crain-dre ni à espérer dans une autre vie , leur in-térêt, dans celle-ci , feroit d’ètre vertueuses,parce que la vertu peut feule diminuer lesmaux inévitables de cette vie. Voilà ce quela plus grande partie des gouvernantes fontincapables de faire. Les mores le font-ellesdavantage, elles qni devroient fur cela don-ner le ton aux gouvernantes í 11 y en a ,ungrand nombre qui font auffi ignorantes queces dernieres, beaucoup plus dissipées , &qui ont moins de mœurs. Leurs exemplesfont une contradiction perpétuelle-avec leursmaximes. Celle-ci, par une sévérité outrée,ferme le cœur de ses filles , qui , réduites àla confiance d’une amie ou d’une domestique ,font autant de chûtes que de pas. Celle-là ,par une mollesse dangereuse, craint d’altererleur santé en les contredisant, & choisit delaisser aller les choses comme elles peuvent,pìutót que de s’assujettir à la contrainte des