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FABLE XLVII.
Les Souhaits ridicules.
Il était autrefois lin pauvre bûcheron,
Qui, las de sa pénible vie ,
Avait, disait-il, grande envieD’aller se reposer au bord de l’Achéron :
Car, enfin , malheureux depuis qu’il est au monde,L’injuste ciel a-t-il jamaisAccordé quelque trêve à sa douleur profonde ?A-t-il daigné remplir un seul de ses souhaits?
Un jour que dans le bois il était à se plaindre,Jupiter, foudre en main, à ses yeux apparut.
On aurait peine à bien dépeindreLa peur que le bonhomme en eut.
Je ne veux rien , dit-il, en se jetant par terre;Point de souhait, point de tonnerre;Seigneur, demeurons but à but.
Cesse d’avoir aucune crainte :
Je viens, dit Jupiter, touché de ta complainte,
Y mettre fin, et pour jamais.
Ecoute donc: je te promets,
Moi qui du monde entier suis le souverain maître,D’exaucer pleinement les trois premiers souhaitsQue tu voudras former sur quoi qne ce puisse être.
Vois ce qui peut te satisfaire:
Et, comme ton bonheur dépend tout de tes vœux ,Songes-y bien avant que de les faire.