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FABLE X L I X.
Le Pigeon et le Moineau.
P oui un moineau dans l’indigenceOn recherchait quelque secours :
Tous les riches oiseaux furent d’intelligencePour le seeourir en discours.
Dans cette triste conjoncture,
Un pigeon fut le seul, quoiqu’assez mal aisé,
Qui donnât le couvert et quelque nourritureAu moineau pauvre et méprisé.
Des oiseaux spectateurs la surprise est extrême jC’est un phénomène pour eux,
Qu'un pigeon si pauvre lui-mêmeVeuille assister un malheureux.
Eh ! c’est ce qui me rend encor plus accessible,Képondit le pigeon. Un destin rigoureuxPrépare à la pitié le cœur le moins sensible.
Quand on jouit d’un sort tranquille et gracieux,Imagine-t-on sous les cieux
Quelqu’un dans un état si différent du nôtre ?.
Nonj on mesure tout sur sa prospérité;
Mais au sein de l’adversité,
Le malheureux sent mieux qu’un antreLe poids de l’infortune et de la pauvreté.
Pessblibr.
explication.