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FABLE L.
Le Chien indocile.
U N homme avait deux chiens, et voulut les instruire.Ce projet leur valut assez peu de bon temps.
11 coûte cher à ceux qui deviennent savans.
Le jour commençait-il à luire?
Alors commençait la leçon,
Et les gros mots et le bâton.
Tour-à-tour il fallait danser, monter la garde,Fumer, tenir la hallebarde,
Faire le mort et maint autre métier;
Point de relâche et de quartier :
Croyez -vous donc qu’on vive sans rien faire?Allons, drôles, allons, gagnez votre souper.
Ce repas était, d’ordinaire ,
Passable pour celui qui savait contenter;
L’autre faisait fort maigre chère,
Encore avait-on soin de la lui reprocher.
L’un des deux chiens employa tout son zèle,Devint savant, et fut le favori.
Dans la maison on ne vit plus que lui :
On le citait comme un modèle ;
Et, moyennant pour monsieur quelque! saut»,Pour madame un air agréable,
Il avait sa part à la table.
Et du loisir pour 1»- repos-