be Te’le'maqtje. LIV. XII. 331nombre des hommes qui habiteront cesterres, & qui seront attachés à vous obéir.Possédez une bonne terre , quoique mé-diocre en étendue. Couvrez-la de peuplesinnombrables, laborieux , & disciplinés.Faites que ces peuples vous aiment. VousÔtes plus puissant, plus heureux , & plusrempli de gloire que tous les Conquérantsqui ravagent tant de Royaumes.
Que ferai-je donc à l’égard de ces Rois,répondit Idomenée ; Leur avouerai - je ma•foiblesse :■ Il est vrai que j'ai négligé l'agri-culture , & même le commerce qui m'estsi facile fur cette côte. Je n’ai songé qu'àfaire une Ville magnifique. Faudra-t-il donc,mon cher Mentor , me déshonorer dansPassemblée de tant de Rois, & découvrirmon imprudence ? S'il le faut , je le veux ;je le ferai fans hésiter, quoiqu'il m’en coûte ;car vous m’avez appris qu J un vrai Roi quiest fait pour ses peuples , & qui se doittout entier à eux , doit préférer le salut deson Royaume à sa propre réputation.
Ce sentiment est digne du pere des peu-ples , reprit Mentor ; c'est à cette bonté ,& non à la vaine magnificence de votreVille, que je reconnois en vous le cœurd’un vrai Roi. Mais il faut ménager votrehonneur pour l’intérêt même de votreRoyaume. Laissez-moi faire , je vais faireentendre à ces Rois que vous êtes engagé