DE TÉlÉMAÇLUE.LiV.XXI. 2f9
maillant. Non, je ne reverrai jamais toutce qui m’a été le plus cher au monde. Jeviens, après tant de naufrages, chercherfur ces rives inconnues un peu de repos& une retraite assurée. Si vous craignez lesdieux , & fur-tout Jupiter, qui a loin desétrangers, si vous étés sensibles à la com-pallìon, ne me resuiez pas dans ces valsespays quelque coin de terre infertile, quel-ques déserts , quelques sables, ou quel-ques rochers escarpés, pour y fonder avecmes compagnons une ville, qui soit d umoins une triste image de notre patrieperdue. Nous ne demandons qu’un peud’espace qui vous soit inutile. Nous vi-vrons en paix avec vous dans une étroitealliance. Vos ennemis íèrontles nôtres;nous entrerons dans tous vos intérêts ;nous ne demandons que la liberté de vivreselon nos loix.
Pendant que Diomede parloit ainsi »Télémaque,ayantles yeux attachés fur lui,montra fur son visage toutes les différen-tes pallions. Quand Diomede commençaà parler de ses longs malheurs, il espéraque cet homme majestueux seroit son pe-re. Auísi-tòt qu’il eût déclaré qu’il *étoitDiomede, le visage de Télémaque se flé-trit , comme une belle fleur que les noirsaquilons viennent de ternir de leur soufflecruel. Ensuite les paroles de Diomede