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Tome second.
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D E TéLÉMAQUE.LlY.XXÏÏ. 281

modéré ses passions, & s’applique à gou-verner son peuple ; mais il ne laisse pasde faire encore bien des fautes, qui fontles fuites malheureuses de ses fautes an-ciennes. Quand les hommes veu'ent quit-ter le mal, le ma! semble encore les pour-suivre. Long-temps il leur reste de mau-vaises habitudes, un naturel affaibli, deserreurs invétérées, & des préventionspresque incurables. Heureux ceux qui nefe font jamais égarés ! 11s peuvent fairele bien plus parfaitement. Les dieux, ôTé'émaque, vous demanderont plus qu’àIdomenée, parce que vous avez connu lavérité dès votre jeunesse , & que vous n’a-vez jamais été livré aux séductions d'unetrop grande prospérité.

Idomenée , continuoit Mentor, est sage& éclairé : mais il s’applique trop au dé-tail , & ne médite pas assez le gros de sesaffaires pour former des plans. L’habiletéd’un roi, qui est au-dessus des hommes, neconsiste pas à faire tout parlui-mème.C’estune vanité grossière (Q que d’efpérer d’en

(;) Louis XIV eut cette vanité: il voulut persua-der au monde qu'il faisoit tout par lui-même , après lamort du cardinal Jlazari t : il est vrai qu'il travaillaitavec Louvoie est Colbert ; mais ces deux ministres luidonnoieut k plan des affaires tout drejfé, est il avaittout P honneur du travail fins en avoir la peine. 11étoit excellent pour travailler en second , appliqué , exael ,infatigable , capable de bien exécuter , mais très-ptu depenfer.