L84 Les Aventures
les unes pour les autres. Cet ouvrage, loinde lui faire honneur, est un monumentqui éternisera fa honte : car il fait voir quePouvrier n’a pas su penser avec assez dé-tendue , pour concevoir à la fois le desseingénéral de tout son ouvrage. C’eit un ca-ractère d’efprit court & subalterne. Quandon est né avec un génie borné au détail,on n’est propre qu’à exécuter fous autrui(7)- N’en doutez pas, ô mon cher Té-lémaque, le gouvernement d’un royaumedemande une certaine harmonie commela musique , & de justes proportions com-me P architecture.
Si vous voulez que je me serve encorede la comparaison de ces arts, je vousferai entendre, commentles hommes, quigouvernent par le détail, font médiocres.Celui qui, dans un concert, ne chante quecertaines choses, quoiqu’il les chante par-faitement, n’est qu’un chanteur. Celuiqui conduit tout le concert, & qui énréglé à la fois toutes les parties, est leseul maître de musique. Tout de même,celui qui taille les colonnes , ou qui é ! eveun côté du bâtiment, n’est qu’un maçon ;
(7) C est la raison povr laquelle Louis XIV n\tfnníiis rien fuit pur lui-mème : tout son bonheur ejtvenu d'avoir eu de bons minifres j non qu'il ne fûtpeut-être né avec de meilleures dispositions , mais pareequ'elles furent bornées par l'éducation , qui eft une seconden. d ure.