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Tome second.
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DE T É L fc M A Q_U E.LlV.XXII. 287

des honnêtes gens qui les contredisent,que des trompeurs qui les flattent. Au con-traire , ceux qui ont des principes pour legouvernement, & qui se connoissent erihommes, lavent ce qu’ils doivent cher-cher en eux , & les moyens d’y parvenir.Ils reconnoiflent du moins en gros, si lesgens dont ils se servent sont des inílru-ments propres à leurs desseins, &s’ils en-trent dans leurs vues, pour tendre au butqu’ils le proposent. D’ailleurs, comme ilsne se jettent point dans les détails acca-blants , ils ont ? esprit plus libre pour en-visager d’une seule vue le gros de l’ouvra-ge, &pour observer s’il s’avance vers la finprincipale. S’ils font trompés , du moinsils ne le font guere dans l'essentiel. Ils fontoutre cela au-deflùs des petites jalousies ,qui marquent un esprit borné & une amebasse. Ils comprennent qu’on ne peut évi-ter d’ètre trompé dans les grandes affai-res (g) , puisqu’il faut s’y servir des hom-mes, qui font si souvent trompeurs. Onperd plus dans l’irrésolution où jette ladéfiance, qu’on ne perdroit à se laisser unpeu tromper. On est-trop heureux, quandon n’eít trompé que dans les choses médio-

(8) Le f lus grand de tous lu abus , dit un au -teur célébré , c'est de vouloir les réformer tous. IIest des maux nécejfaires qu'on toléré dans un sagegouvernement.