2 $o Les Aventures
noncer son nom fans être troublé. Letemps & Pabsence n’ont pu l’elsacer.Cette expérience Funeste m’apprendà medéfier de moi-méme. Mais pour Antio-pe , ce que je ressens n’a rien de sembla-ble. Ce n’cst point amour passionné, c’est-goút, c’estestime, c’estpersuasion. <^t>eje serois heureux, si je passois ma vieavec elle ! Si jamais les dieux me ren-dent mon pere, & qu’ils me permettentde choisir une femme , Antiope fera monépouse. Ce qui me touche en elle, c’estson silence, sa modelse , sa retraite , sontravail assidu, son industrie pour les ou-vrages de laine & de broderie, son ap-plication à conduire to.ute la maison deson pere depuis que fa mere eít morte ,l’on mépris des vaines parures , P oubli &Pignorance même qui paroít en elle defa beauté. Quand Idomenée lui ordonnede mener les danses des jeunes Crétoisesau son des flûtes, on la prend roi t pourla riante Vénus, tant elle est accompa-gnée de grâces. Quand il la mène aveclui à la chasse dans les forêts, elle paroítmajestueuse & adroite à tirer de Parc ,connue Diane au milieu de ses nymphes.Elle feule ne le fait pas, & tout le mon-de l’adnjire. Quand elle entre dans le tem-ple des dieux , & qu’elle porte fur satête les choses sicrées , dans dos corbefi-