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dre tant de peine pour se faire aimer deshommes qui ne vous aimeront peut-êtrejamais, & pour faire du bien à des mé-chants , qui se serviront de vos bienfaitspour vous nuire !
Mentor lui répondit patiemment ; ilfaut compter fur Pingratitude des hom-mes , & ne pas laisser de leur faire dubien : il faut les servir , moins pour fa-mourd’eux, que pourl’amour des dieuxqui l’ordonnent. Le bien qu’on fait n’estjamais perdu. Si les hommes fouissent,les dieux s’en souviennent & le récom-pensent. Déplus, si la multitude est in-grate , il y a toujours des hommes ver-tueux , qui font touchés de votre vertu»La multitude même, quoique changeante& capricieuse , ne laisse pas de faire tôtou tard une espece de justice à la vérita-ble vertu. Mais voulez-vous empêcherl’ingratitude des hommes? Ne travaillezpas uniquement à les rendre puissants,riches, redoutables par les armes-, heu-reux par les plaisirs ; cette gloire, cetteabondance & ces délices les corrompent:ils n'en seront que plus méchants, & parconséquent, plus ingrats. C’est leur faireun présent funeste : c’est leur offrir unpoison délicieux» Mais appliquez - vous àredresser leurs mœurs, à leur inspirerla justice, la sincérité, la crainte des
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