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jouissait pas du droit de battre monnaie ; Fribourg appuyaBerne et les deux villes envoyèrent des commissaires àGruyère, mais ceux-ci n’en rapportèrent que la déclarationdu comte qu’il ne renoncerait pas à ses droits de souverain.
Un atelier fut immédiatement établi à Gruyère et l’ons’occupa activement de la frappe des pièces.
Berne fit publier dans le Haut et le Bas-Simmenthal, àFrutigen , à Aigle et ailleurs la défense formelle dp recevoirla monnaie de Gruyère (14 avril 1552).
Michel se ravisant alors, écrivit aux Conseils de Berne et de Fribourg (19 mai 1552) une lettre dont nous relevonsce passage :
« J’ay envoyé à voz Seigneuries xxv pièces asçavoir xii marquées,» et le reste sans la marque *, toutes bastues pour la valleur chescune» d’ung solz de Savoye ou Genefve, qui sont xii denyers de la dicte mon-» noyé, tenant pour certain que ne la trouverez foyble pour ce pays la,» ny scellon le contenu de mes dictes ordonnances. »
A cette lettre était joint un extrait de la convention,écrit en français et de sa propre main, que nous reprodui-sons également.
« Premièrement seront forgez et faictz escus de semblable loy,» poix et remède que sont les escuz d’Empereur ou de Venise ou de» Genes et vauldront cinquante et quatre gros la piece. Plus seront» faictz demy escuz à l’equipollant. Plus seront faictz tallars a qua-» torze lotz, quatre grains et demy en loy, pesans la piece une once au» poix du Rin, qui vauldront chascun quarante deux gros et en feront» huict pièces pour chascun marc. Plus seront faictz testons a quatorze» lotz, quatre grains et demy en loy a ving et cinq pièces pour marc et» vauldront quatorze gros la piece. Plus seront faictz demy testons a» l’equipollant en loy et nombre de pièces. Plus se feront demy bâches
* Que faut-il entendre ici par la marque ? ? nous croyons que le comte voulait parlerdu millésime, car il se trouve, comme on le verra plus loin, des demi-batzen de Gruyère de1552 et d’autres sans date.