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Les drapeaux français : étude historique / par le comte L. de Bouillé
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les armes de France d’une façon à peu près défini-tive (1).

Raoul de Praelles, secrétaire de ce roi, en lui dé-diant sa traduction de la Cité de Dieu (entre 1370 et1375), lui dit : « Et si portez les armes à trois fleurs« de lys, ensègne de la benoite trinité. » Charles V lui-même, dans la charte de fondation du couvent des Cé-lestins de la Sainte-Trinité à Limay, près de Mantes ,au mois de février 1377, dit que les lis, symboles duroyaume de France, sont au nombre de trois et nonde deux en l'honneur de la Trinité, dont elles formentle signe mystérieux (2). L’original de cette pièce estconservé dans les archives de Seine-et-Oise ; un ex-trait en a été publié par M. Borel-d’Hauterive dansY Annuaire de la noblesse (année 1855, p. 390). Dans lalettre initiale ornée de cette charte le roi est figuré àgenoux, nu-tête, surmonté de l’écu aux trois fleurs delis, et dans la panse supérieure de cette lettre est lareprésentation de la Trinité. On trouvera dans le Bul-letin du comité de l’histoire et des arts de la France , t. IY,p. 239, une reproduction de ce dessin d’après une

(1) Outre les exemples que nous avons déjà donnés (p. 35) de laréduction à trois on peut encore citer : le sceau d’une charte dePhilippe de Valois (1343) qui porte trois fleurs de lis surmontéesd’une couronne (Arch. nat., invention des sceaux, sc. n°55); lerevers du florin George (d’or) de Philippe de Valois qui portequatre écus à trois fleurs de lis (Le Blanc, Traité des monnaies deFrance, Ed. d’Amsterdam 1692, pl. 22, n° 10, p. 206); et le grosd’argent du roi Jean ( ibid ., pl. 25, p. 216).

(2) Jacques de la Motte, seigncurdelluppigny, dans un livre im-primé à Rouen chez Robert du Gard en 1549 (in-16), dit : « Les troisfleurs de sapience, justice et bon conseil, assises au champ devertu, armes célestes et très-chrélionnes de la France . »